Passé le jour

Passé le jour, passé le saint
Passé le saint, passée la fête.
Le vieux Chronos, que rien n’arrête,
Mange les soirs et les matins.
Mange les soirs doux et sereins
Et les matins durs et austères.
La vie galope ventre à terre.
Passée la croisée des chemins,
Manquée la route salutaire.
Passé l’ajour de la clairière
Revoici l’ombre et le frisson.
Passé le temps de la moisson
Finie la glane et l’abondance.
Passé l’instant, passée la chance
Fermée l’auberge du destin
Adieu la danse et le festin.
Qu’on se résigne ou qu’on proteste
Chronos en sa marche funeste
Aura raison de nos amours.
Mais, fuyant ce mortel séjour
Et la sarabande des heures,
Notre instinct cherchera toujours,
Dans les mystères d’alentour,
Quelque chose enfin qui demeure.
Pierre Gout - En vers et contre tous. poésie n° 35

-	Papa Saturne, nous n’avons donc plus notre faux ? - Ma foi, non ! Je l’ai remplacée par un canon rayé ; l’ouvrage elle va plus vite

- Papa Saturne, nous n’avons donc plus notre faux ? - Ma foi, non ! Je l’ai remplacée par un canon rayé ; l’ouvrage elle va plus vite

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