Carnet à desseins

Un blog, comme un journal, peut accueillir les textes de personnes qui ont quelque chose à dire mais qui ne disposent pas de support éditorial pour le faire. L’idée m’est ainsi venue de leur offrir ce support en créant un carnet complémentaire des « Desseins de la semaine ».  Cette pratique n’est pas rare sur le Web mais ce sont les réalisations et la personnalité d’un homme remarquable du 17e siècle qui m’ont incité à concrétiser ce projet : Théophraste Renaudot (1586-1653). Voilà bientôt 400 ans qu’il a créé le premier journal d’informations politiques français et à l’heure où la presse imprimée connait des difficultés majeures, il n’est pas inutile de rappeler que le premier numéro de la Gazette a paru le 1er mai 1631. Les autres activités de Théophraste Renaudot, qui était aussi médecin, ont aussi une résonance particulière en ces temps de paupérisation croissante que nous connaissons ; en premier lieu les consultations gratuites qu’il donnait pour les nécessiteux et le « Bureau d’adresses » qu’il créa à Paris, pour mettre notamment en relation des personnes qui cherchaient du travail et celles qui en offraient.

Theophraste Renaudot

Théophraste Renaudot

Les adresses utiles rassemblées par Renaudot proposaient aussi, contre menu argent, quantités de ces services que l’on trouve de nos jours dans les journaux gratuits et l’insertion d’une annonce ne coutait rien aux pauvres. Ainsi quiconque en veine d’écriture pouvait proposer « Mémoire qu’on voudra laisser à la postérité de quelque chose ». C’est donc un petit espace d’expression dédié à la prose et à la poésie qu’ouvre ce « Carnet à desseins ». Une précision et non des moindres : il n’est pas ouvert à tous mais réservé aux personnes de ma connaissance dont je peux me porter garant de la probité intellectuelle et morale.

Censure

Censure

Bien qu’appartenant à la « religion prétendue réformée », Théophraste Renaudot était le protégé de Richelieu et travaillait à la Gazette sous le strict contrôle de ce superviseur attentif, lui-même rédacteur à l’occasion. Il n’a pas connu l’absolutisme d’un Louis XIV qui interdira le protestantisme mais eut à souffrir de la jalousie et de la méchanceté de ses contemporains. Exemple de l’obscurantisme ambiant régnant avant le siècle des Lumières et dont un Molière se délectait, Renaudot ne fut-il pas dénigré par le corps médical pour sa laideur, censée être incompatible avec l’exercice de la médecine ! Pure coïncidence, le premier texte inaugurant le « Carnet à desseins » fait référence à cet obscurantisme toujours renaissant et à la sagesse exprimée à travers les proverbes de la Bible. A la différence des billets hebdomadaires, les « feuilles à desseins » de ce supplément paraissent sans périodicité prédéfinie mais les lecteurs souhaitant réagir peuvent le faire. D’autres textes de réflexion et des poèmes suivront.

réception d'un docteur au 17e siècle

réception d'un docteur au 17e siècle

Les commentaires sont clos.