6 octobre 2010

France musique : la valse continue…

Les licenciements  de Stéphane Guillon et Didier Porte à France Inter ont été ont fait plus de bruit que la nouvelle et récente éviction de plusieurs  producteurs de France musique. Les taux d’audience respectifs des deux radios ne sont pas les mêmes et explique en partie cette différence de traitement de l’information et si l’on connaît les raisons inavouées du licenciement des premiers, on ne sait toujours pas pourquoi les émissions d’Alain Pâris ou de Martine Kaufmann, entre autres, ont été supprimées de la énième nouvelle grille des programmes. En 2008, après un précédent remaniement,  quand j’évoquais les incoercibles  et sympathiques rires de la productrice, je ne pensais pas que Martine Kaufmann était alors en sursis ; elle non plus sans doute. Je ne comprends pas pourquoi ces deux producteurs font partie de ce nouveau débarquement alors qu’ils n’ont pas plus démérité que ceux qui restent. On aurait aimé qu’ils reçoivent le même soutien médiatique que les deux animateurs virés de France Inter.

On observe ainsi la transformation par à-coups successifs d’une radio qui tente de rejoindre les parts d’audience de sa rivale Radio classique en la singeant mais cette voie ne me semble toujours pas la meilleure. France musique doit changer de l’intérieur en s’ouvrant plus largement à une pédagogie sans pédantisme. à la manière d’une  Dominique Boutel et son travail auprès des jeunes choristes ou d’une Gaëlle Le Gallic présentant les jeunes musiciens en devenir. Un indice intéressant serait de connaître le taux d’écoute de France musique durant les grèves. J’avoue avoir personnellement beaucoup de plaisir à ces occasions : pouvoir  écouter de la musique en continu, sans cette auto promotion satisfaite et ces horripilantes annonces, égrenées à tout bout de champ, des émissions qui seront diffusées dans la journée sur les radios nationales. De toute manière, ces annonces ne remplacent pas les programmes imprimés des journaux spécialisés. Quant aux « bavardages » qui sont le grief le plus courant de certains auditeurs à l’encontre de cette radio, ils restent maintenant dans les limites de l’acceptable, à quelques exceptions près. On a toujours la faculté de zapper les émissions que l’on n’aime pas ; celle d’un Alex Duthil, par exemple qui me font presque regretter Alain Gerber. Lui,  donnait à écouter  du jazz « authentique », même s’il brodait un peu trop autour.

Ce que dit Anne Charlotte Raymond dans le petit quart d’heure quotidien dont elle dispose est concis et intéressant ; je reste toujours sous le charme du timbre de voix d’Anne Montaron,  même si les brèves minutes qui lui sont concédées pour présenter la musique vivante sont tout juste suffisantes pour essayer de mieux comprendre cette musique à laquelle je n’accroche toujours pas. Comme me gênent les propos de Philippe Cassard qui décortique tant la musique que je me sens un peu bête de ne pas mieux la connaître de l’intérieur. Mais ce n’est rien à côté des critiques pontifiants qui viennent le jeudi après-midi, dans l’émission de Lionel Esparza, (animateur doué et qui sait être drôle) pour éreinter, telle ou telle interprétation qui n’a pas eu l’heur de leur plaire. Leurs collègues de la « Tribune des critiques de disques », ce sont les mêmes parfois, semblent maintenant des enfants de chœur à côté de ces esthètes, forcenés de la surenchère en matière de critique musicale. Je sais reconnaître quand les choristes d’une chorale (amateur) chantent faux, j’ai vécu cette amusante expérience dans un concert public cet été, mais je suis incapable d’estimer si l’exécution d’une œuvre par des professionnels est « tout à fait exécrable ».

Sans doute parce que, comme celle de nombre d’auditeurs, mon écoute de la musique dite classique est toute simple et basée sur l’émotion, à la manière d’une madame Verdurin…. Je dirais même que ma référence en la matière est cet air qu’on entend au début de la scène 2 de l’acte 2 de l’Orphée de Gluck (Les champs  Élysées). Avec les cantiques protestants des dimanches matins de ma prime enfance (grâce à eux,  j’ai compris pourquoi Bach est  le plus grand des compositeurs), ce sont mes repères en matière d’échelle musicale affective, ma madeleine auditive en quelque sorte. Ce fameux air revenait lui aussi tous les dimanches car c‘était la musique de générique de « La voix de l’espérance », une émission souvent écoutée à la maison dans les années 50, peut-être sans savoir que son animateur, Maurice Tièche (vous parle) était pasteur adventiste… J’écoute aujourd’hui certaines musiques avec ce ravissement toujours renouvelé de la révélation initiale.

Cette musique n’était pas jouée à l’accordéon ! J’ai appris plus tard, à aimer cet instrument que j’ai d’abord  détesté, par réaction à un milieu que je côtoyais et qui appréciait le musette.  Je me suis réjoui qu’il ne fût pas mon horizon musical. Je comprends aussi pourquoi la musique à deux temps et force accompagnements de percussions, la pop music et ses avatars,  tout ce qui est diffusé à tue tête par les radios sont les seules références musicales de quantités de personnes vivant dans les milieux populaires ou celles des jeunes gens livrés à eux-mêmes. Ils n’ont jamais eu cette révélation primordiale. Ce ne sont pas les débats de la « Tribune des critique du disque » qui les décideront à essayer d’écouter une musique dont on peut dire tout et son contraire. Il reste encore un travail de réflexion à faire à France musique.

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