28 janvier 2009

J’ai comme un blog sur l’estomac

28 janvier jour de la Saint Charlemagne. Tel devait être l’unique sujet du jour mais un blog ne marche pas toujours comme le papier à musique. Me voilà encore effleuré par le doute ! Parce que le début de l’année est la période des bilans pour les entreprises ? Peut-être mais depuis que je rédige ces notes, je me pose périodiquement la question de l’utilité de cet exercice répétitif et en vase clos,mise à part la satisfaction toute relative de mon ego personnel. Heureux les « blogocommunicants » spécialisés qui vont toujours de l’avant ! (un vieil ami persifleur aurait écrit : les « vaseux communicants »). Se consacrant entièrement à leur passion, les auteurs de blogs dédiés à un sujet précis n’ont pas besoin de parler de leur état d’état d’âme pour traiter de cuisine, de cinéma ou de la culture des fleurs. Les blogs politiques et littéraires, souvent engagés, impliquent plus leur auteur. Tous ces blogs rencontrent un succès indéniable. Le nombre d’interventions de lecteurs ayant les mêmes goûts, ou ne partageant pas les mêmes idées - en matière de politique notamment - est un indicateur de leur succès.

Les auteurs de blogs « touche à tout » ont sans doute plus de mal à cerner leur lectorat. L’absence d’interventions dans la fenêtre prévue à la fin de chaque note ne signifie pas pour autant qu’il est faible ou inexistant. Les fournisseurs d’accès au Web donnent le moyen de vérifier le nombre des consultations quotidiennes par des statistiques précises. Mises à jour en permanence,elles informent les blogueurs sur l’origine approximative (adresse IP) des lecteurs surfant de par le monde. Ces statistiques donnent aussi l’impression que certains pays (institutions ou particuliers ?) scrutent attentivement la toile pour contrôler ce qui est dit à leur sujet. Ces scrutateurs lointains deviennent dès lors des abonnés permanents au blog qui les a cités ; sans doute pour vérifier qu’il ne dit pas de mal d’eux ! Manie de la persécution ou non, je n’ai étudié que superficiellement ces statistiques mais elles suscitent des interrogations. Je pensais approfondir cette question mais il me semble plus important de revenir à mon sujet initial !

Statue équestre de Charlemagne sur le parvis de Notre-Dame à Paris.

Statue équestre de Charlemagne sur le parvis de Notre-Dame à Paris.

Charlemagne était un bon prétexte pour évoquer l’enseignement scolaire et la violence faite aux filles dans des pays insensibles à l’évolution des mœurs qui progresse à l’échelle mondiale. Les femmes y sont toujours considérées comme des êtres inférieurs et à la disposition de l’homme. Les écoles de filles détruites par les talibans en Afghanistan, les fillettes mariées de force à l’âge de 9 ans montrent tragiquement l’énorme écart qui sépare les pays développés de ceux qui, sous une façade moderne, fonctionnent encore avec une mentalité moyenâgeuse.

Malgré la dureté de son contexte, le Moyen-âge européen fut pourtant le théâtre d’un éveil culturel favorisé par la création de l’empire carolingien. S’il n’a pas véritablement inventé l’école, Charlemagne, homme éclairé et que l’on dit pourtant inculte, a favorisé la connaissance. Deux siècles avant l’an mille, il a compris que le savoir était une clé du développement.

En retenue. Gravure d'après un tableau d'Auguste Truphème (1888)

En retenue.  Gravure d’après un tableau d’Auguste Truphème (1888)

Il ne faut pas se leurrer ; si Charlemagne a « inventé l’Europe culturelle », les femmes ont dû attendre longtemps pour accéder enfin à l’école, à l’enseignement supérieur et aux droits civiques mais les sociétés occidentales ne sont pas restées figées ; malgré les obstacles et les freins mis par les milieux conservateurs - c’est à dire les hommes - pour entraver l’évolution, celle-ci s’est faite, lentement mais sûrement. La France a connu le siècle des lumières et plusieurs révolutions. Les arrière-grands-mères de 2009 qui n’y avaient pas le droit de vote avant la seconde guerre mondiale savent que le combat n’est pas encore terminé. Elles se souviennent qu’en 1965 il leur fallait encore la signature de leur mari pour ouvrir un compte bancaire alors que leurs propres grands mères on pu conduire des voitures peu de temps après leur invention…

La Saint-Charlemagne (Gravure de Gustave Doré)

La Saint-Charlemagne (Gravure de Gustave Doré)

L’action de Charlemagne n’a pas seulement marqué son époque. Son nom a été honoré tout au long de l’histoire, plus que celui de ses prédécesseurs ou successeurs. Son personnage a inspiré de nombreux peintres et même fait l’objet d’une tragédie ! Des lycées ont reçu ce nom célèbre ; celui du quartier du Marais à Paris que j’ai évoqué plusieurs fois, a marqué bien des esprits. Depuis peu, un condisciple, qui fait fort dans le registre de la nostalgie du passé, lui consacre une chronique. Il lance même un appel aux anciens Carolingiens pour une mise en commun de leurs souvenirs personnels respectifs! Merci j’ai déjà donné et ne suis pas encore prêt pour les réunions d’anciens combattants…

libre penseur!

- Paresseux ! Tu n’as pas été au repas de la Saint-Charlemagne…
- Saint-Charlemagne! N’en veux pas! Suis libre penseur

Canonisé par l’antipape Pascal III, Charlemagne reste le saint patron de l’université de Paris. Les établissements scolaires parisiens ont célébré sa fête jusqu’à la fin du dix-neuvième siècle comme en témoigne le poème de Maupassant. Certains établissements privés la célèbrent encore. Était-ce aussi le cas à la cantine du lycée Charlemagne dans les années 50, comme j’en ai la vague impression ? Je n’ai pas encore la réponse. Un autre ancien carolingien la connaît sans doute.

Les bons élèves

A quoi on reconnaît les bons élèves le jour de la Saint-Charlemagne

retour

Les commentaires sont clos.