12 juin 2006

Sándor Kipö (prononcer s'endort qui peut)

Les bielles de la 140Long silence (de près d’un mois!) sur ce blog depuis la dernière note. Le silence ne régnait malheureusement pas partout et surtout pas dans une grande partie des 500 chambres du grand hôtel de Budapest où nous avons résidé sans bien dormir pendant une semaine de vacances. Mais cet hôtel, nous ne l’avions pas choisi. Ce sont là les aléas des voyages organisés. Néanmoins, ces derniers ne présentent pas que des inconvénients, quoi qu’on en dise. Les personnes qui n’ont pas envie de préparer elles-mêmes leur séjour dans un pays étranger comprendront ce point de vue. Ne s’occuper de rien et se laisser porter évite en effet bien des tracas. A condition de choisir le tour opérator ad hoc, réunissant des compagnons de route ayant des exigences identiques. En l’occurrence ils étaient discrets et leur comportement à l’opposé de celui du groupe bavard et bruyant rencontré un soir sur le bateau-mouche d’un “Budapest by night”.

Le bruit, toujours cette obsession! Le rafut évoqué au début de cette note ne régnait pas à l’intérieur de l’hôtel mais venait de l’extérieur, malgré la présence de doubles vitrages. Des transports en commun divers existent à Budapest (bus, tram, métro) ; on constate néanmoins que la voiture y est reine. Au vacarme des moteurs s’ajoutent les hurlements trop fréquents des sirènes des ambulances et autres voitures de pompiers ou de police. Directement inspirées de leurs homologues new yorkaises. Mais ne laissons pas croire au pire ; il existe aussi des hâvres de silence dans cette capitale de deux millions d’habitants, pour peu qu’on délaisse les avenues à deux fois trois voies pour emprunter les rues de traverse. Les autorités municipales semblent essayer, mais encore bien timidement à mon avis, de limiter l’accès des voitures dans les hauts-lieux touristiques…mais pas sur le pont Elisabeth, par exemple ; j’ai été étonné de constater que si l’on veut admirer le Danube du haut de ce pont, de type autoroutier il faut le reconnaître, l’accès des piétons à l’extrémité de l’ouvrage, là où il surplombe et écrase l’église paroissiale du centre ville, ne permet même pas le passage d’une voiture d’enfant alors que les trottoirs son “normaux” une fois cette dizaine de mètres de tous les dangers franchis!

L’hôtel n’étant que le point de départ d’excursions, on a retrouvé le calme de la campagne en découvrant plusieurs des diverses régions d’un pays plein de charme et qui respire de nouveau librement.

mannequin souriant
mannequin souriant

La période noire du communisme imposé est encore dans tous les esprits et on a l’impression diffuse que le pays souffre toujours secrètement d’avoir été amputé de plus des deux tiers de son territoire après le traité de Trianon (1920). Avant cette date, la presse satirique des pays voisins ne se privait pas de dénoncer la volonté des Magyars d’absorber les minorités vivant sur le territoire de la Hongrie avant le démembrement fatal qui la réduisit a l’état de petit pays (93 000 km²). Aujourd’hui, une grande partie de ces minorités vit au-delà des frontières, dans les états voisins, sur les territoires perdus en 1920.

L'ogre magyar

Voilà comment le Magyar présente à l’Europe tous les peuples vivant sous sa domination: un ogre (dessin 1) …qui a du mal à digérer (dessin 2). Au fond de son âme, il sent cependant leur grandeur et leur importance. - Il sait en outre que malgré le travail de tant d’années, il n’est pas arrivé à les déraciner (dessin 3). Extrait de “Humoristicke listy” (Prague).

Difficile pour l’amateur de vieilles locos de passer sous silence la présence remarquée (mais fugitive) à la gare de l’Est, de Budapest s’entend, d’une puissante locomotive à vapeur. En Europe, on ne trouve habituellement de telles machines que sur les réseaux ferroviaires touristiques. Mon ignorance du hongrois, langue très difficile pour les profanes, ne m’a pas permis de comprendre s’il s’agissait d’une ancêtre sortie à l’occasion d’un voyage commémoratif. Elle venait de remorquer le train que l’on aperçoit en cours de refoulement sur la photo ci-dessous. Elle est repartie aussitôt après sans que j’aie pu en savoir plus.

locomotive à vapeur
à Budapest

N’ayant pas de ressources minières importantes si ce n’est la bauxite, la Hongrie doit exploiter d’autres filons ; le tourisme en est un mais peut-être faudrait-il un peu de modération, en matière d’ambiance musicale notamment. Comme le signale un guide de voyage, quand l’inévitable orchestre tsigane de l’hôtel ou du restaurant de l’étape se met en branle, on arrive vite à saturation. La musique traditionnelle hongroise est riche, mais lorsqu’on a entendu le même air au cours des repas précédents, on aimerait aussi pouvoir s’adonner un peu plus aux plaisirs de la conversation…

Les commentaires sont clos.