9 juin 2010

La chaine et le chainon manquant

le puits de pétrole fou

Plutôt qu’une chaussette certainement trop longue à tricoter,  les BP Shadoks ont choisi l’entonnoir métallique pour coiffer la tête du puits de pétrole en folie. Espérons que cette histoire de fous trouvera bientôt son épilogue et que le responsable de la catastrophe ne figurera pas un jour parmi les « zhéros » répertoriés dans une future réédition du livre  de Clémentine Portier-Kaltenbach1. J’ai remarqué que l’auteur, certainement séduite par le jeu de mots n’a pu résister à l’adopter alors qu’il figurait déjà dans le titre d’un roman paru en 1982 2 et réadapté récemment par Baru3. Je ne lui en fais pas le grief car je serais soupçonné de jalousie d’avoir été devancé sur ce point ! En effet, j’avais aussi l’intention de l’utiliser dans l’intitulé d’une note qui  évoquera un zhéros inconnu de mon panthéon personnel mais j’y reviendrai cet été.

Je n’ai pas encore lu « Les Grands zhéros de l’histoire de France » mais je me promets de le faire bientôt tant la démarche de l’auteur correspond en partie à mes propres préoccupations, notamment parler de tous ces gens qui, malgré leurs mérites,  ne font pas l’actualité, en disparaissent ou n’ont jamais été sous les feux de la rampe. La présence de l’auteur dans le récent « Partage de midi » me donne l’occasion de donner quelques nouveaux coups de griffe à « France musique » et d’évoquer ses points faibles et ses chaînons manquants. J’ai eu plusieurs fois l’occasion d’aborder les défauts de  la chaine et sa course à l’audimat mais comme la « peopolisation » prend de l’ampleur, je ne peux m’empêcher de faire part une fois de plus de mon irritation. Ça soulage.

Les jeux concours sont devenus monnaie courante sur France musique (nouveau maillon des réseaux sociaux ?) et l’émission produite maintenant par Olivier Nahum,  intéressante dans son principe imaginé à l’origine par  François Castang - faut-il le rappeler -, est maintenant de celles qui permettent de gagner des disques en « répondant à la bonne question ». Ces jeux ne font plus appel au savoir puisque la réponse peut être donnée illico par ceux qui savent la chercher  rapidement  sur le web. En plus de ces questions à la Zappy Max ou à la Lucien Jeunesse, Olivier Nahum a des tics : il termine souvent son « Partage de midi » en demandant à ses invités un agaçant « Vous savez l’heure qu’il est? » De même, lorsqu’il prend le relais de son prédécesseur qui a fini de présenter les infos du jour et qu’il invite ce dernier à prononcer le mot « générique », on doute fort que ce type d’interventions favorise la montée de l’audimat ! A une autre heure d’écoute, le démagogique  « je vous embrasse » par lequel Emmanuelle Gaume clôt  sa propre émission (« France musique est à vous ») est attristant  mais il réjouit sans doute le cœur des auditeurs et auditrices esseulés dans leurs quatre murs et  relève sans doute de cette démarche vers un élargissement de l’audience. Cela fonctionne si bien sur les stations périphériques avides de participation de leurs auditeurs, pourquoi ne pas employer les recettes qui ont fait leurs preuves?

Autant que je m’en souvienne, Christian Nève,  producteur du « partage de Midi » après le départ de François Castan, n’avait pas les petits défauts de jeunesse de son successeur mais il n’est pas resté assez longtemps pour roder son émission lancée avec la nouvelle grille de programmes d’août 2009. Il est devenu, après quelques apparitions seulement, un des chaînons manquants de France musique ;  les auditeurs se demandent encore les raisons de son départ inattendu. La question est posée sur le web mais je n’ai pas encore trouvé la réponse. Les revues spécialisées et les journaux imprimés ont peut-être évoqué la cause de cette brusque disparition ; l’information n’a pas été répercutée en ligne, sauf plus ample informé. Avant que Christian Nève ne s’évanouisse complètement, on peut encore voir sa photo ici.

Atchao bonsoir

1. Grands zhéros de l’histoire de France : ils firent parler d’eux, non pour le meilleur mais pour le pire / Clémentine Portier-Kaltenbach. - Paris : J.-C. Lattès,  2010.
2. Pauvres zhéros / Pierre Pelot. - Paris : Éditions Fleuve noir, 1982 (Collection Engrenage).
3. Pauvres zhéros / adapté du roman de Pierre Pelot ; par Baru. - [Bruxelles] ; [Paris] : Casterman ; [Paris] : Payot & Rivages, DL 2008. – (Collection : Rivages-Casterman-noir).

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