6 avril 2020

Lectures confinementaires (autres), avec ou sans Google

comme le temps passe ! Une banalité pour dire que le dernier survol du blog avant inventaire m’a permis de constater l’absence de suite donnée à certains billets, alors que j’en avais prévu une. Ce n’est pas tout à fait le cas pour le billet de 2009 évoquant la numérisation massive de livres entreprise à l’époque par Google;  j’avais annoncé une échéance de dix ans et elle est arrivée. Rappelons de quoi il s’agit. Je dénonçais alors ces opérations de numérisation réalisées sur des ouvrages de bibliothèques publiques qui se déchargeaient - avec un peu trop de complaisance à mon avis - sur cette société privée, alors qu’elles avaient elles-mêmes entrepris de numériser leurs fonds respectifs. Je doutais du côté désintéressé de cette opération d’envergure, persuadé qu’à terme Google en tirerait un profit financier.

C’est bien ce que l’on constate dix ans plus tard ; Google fait maintenant payer la consultation des livres qu’il a numérisés; 1, 99 euro est le prix   demandé à un lecteur pour qu’il achète un des e-books Google, des poèmes de Verlaine, par exemple. Je reconnais que ce n’est pas cher mais, rapporté au nombre d’utilisateurs potentiels, cela représente un gain non négligeable. Par ailleurs, Google offre aussi un accès gratuit à des livre scannés à la bibliothèque de l’ Université d’Oxford ; ils sont accessibles  sur « Archive. org », ce qui permet d’ écouter aussi les textes (voix mécanique et sans intonations d’un robot). En recherchant sur le web des textes ainsi numérisés, on s’aperçoit finalement que Google n’ a pas le monopole de ce service; d’autres institutions le proposent aussi, gratuitement de surcroît. Gallica,  entre autres,  donne ainsi à lire un Verlaine qui se trouve dans ma bibliothèque personnelle; j’en ai extrait le poème qui suit car, bien que rédigé dans un autre contexte, il ne détonne pas de l’ambiance qui règne en ces temps de confinement propices à la lecture (1).

Depuis un an et plus je n’ai pas vu la queue
D’un journal. Est-ce assez Bibliothèque bleue ?
Parfois je me dis à part moi : « L’eusses-tu cru ? … »
Eh bien, l’on n’en meurt pas. D’abord c’est un peu cru,
Un peu bien blanc, et l’œil habitueux s’en fâche.
Mais l’esprit ! comme il rit et triomphe, le lâche !
Et puis, c’est un plaisir patriotique et sain
De ne plus rien savoir de ce siècle assassin
Et de ne suivre plus dans sa dernière transe
Cette agonie épouvantable de la France.

Paul Verlaine Souvenirs de prison (mars 1874).

Les amateurs de poésie peuvent poursuivre leur lecture sur ce blog avec les poèmes, en grande partie posthumes, du Cévenol Pierre gout qui dénonçait la haine et la sottise; ils sont rassemblés au jour le jour - notamment en fonction de l’actualité - sur ses pages personnelles du « Carnet à desseins »; les lecteurs peuvent aussi retrouver divers auteurs dont des extraits choisis de leurs œuvres sont disséminés sur d’autres pages du blog. Mais ce n’est pas fini. Avec Lecture au temps du Covid-19, les éditions La Découverte annoncent ce que Google aurait pu faire depuis le début de son entreprise de numérisation à tout va: « Dans ces circonstances exceptionnelles, nous avons décidé de rendre certains de nos ouvrages accessibles en ligne durant cette période de confinement (avec l’accord et l’enthousiasme de nos auteurs et autrices, évidemment). Nous espérons que cela vous permettra d’une part de vous occuper, d’autre part de prendre le temps de penser l’après ». Lire la suite.

Lecteur confiné et qui en a cure

Lecteur confiné et qui en a cure

1.  Parallèlement. Invectives. Texte établi et annoté par Yves-Gérard Le Dantec / Paul Verlaine. - Paris, Éditions de Cluny, 1939. (Bibliothèque classique de Cluny, ISSN 1763-7368 ; 28)

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