3 mars 2010

Penser à mettre du Botul dans le moteur!

Ce slogan évoquant une publicité de marque est un avis destiné à ceux qui se piquent d’écrire sur le Web – moi y compris – et qui se s’élancent sur les autoroutes de l’information sans bien préparer leur voyage. Il concerne aussi les écrivains de renom qui négligent les ressources du net en préférant suivre les chemins traditionnels de la connaissance et surtout prendre les raccourcis. Bernard Henri Levy aurait sans doute évité de devenir la risée de la rédaction du Canard enchainé et du petit monde de la philosophie s’il avait eu au préalable la bonne idée de s’informer, via un moteur de recherche, sur la biographie du philosophe dont il s’est réclamé récemment.

Cette bévue m’a rappelé que peu de temps auparavant, j’ai moi-même cité un aphorisme sans en donner la source complète ni m’être beaucoup interrogé sur l’identité de la personne censée l’avoir formulé. Il s’avère que cette citation émane en réalité d’un personnage relevant lui aussi de la fiction… Ma légèreté momentanée ne prête pas à conséquence car, à la différence des travaux du philosophe sur lequel BHL étaye une thèse, la citation issue des Remembrances du vieillard idiot - roman de Michel Arrivé -, a simplement été adoptée pour la beauté de son énoncé. Quel que soit le contexte dans lequel elle a été produite, elle ne perd pas de sa force car elle est très pertinente. De « seconde bouche », elle semble même échapper à son auteur qui regrette peut-être un peu qu’elle soit si souvent citée sur le Web et de ne pas la voir légitimement figurer sous son propre nom dans un dictionnaire du genre…

Les vérifications préalables que s’imposent les journalistes avant de publier un papier, les surfeurs les effectuent aussi d’ordinaire, sur le Web ou ailleurs. J’en veux pour preuve les requêtes affichées dans le module statistiques de consultation journalières de mon éditeur de blog. Ainsi ce bon « Adolphe Ripotois » semble avoir suscité bien des interrogations, dans tous les sens du terme…Ces requêtes reflètent aussi la diversité des thèmes de recherche des internautes qui consultent ce blog. L’emploi des guillemets autour d’expressions ou de phrases montre aussi que les chercheurs d’un énoncé précis savent exploiter les fonctionnalités de leur moteur de recherche favori, Google en l’occurrence, pour trouver si le titre qu’ils se proposent d’utiliser sur leur site web personnel n’a pas déjà été utilisé par d’autres…C’est de bonne guerre et je ne cache pas que je procède moi-même de la sorte pour éviter les redites. En lisant l’énoncé des dernières questions posées, j’ai relevé des thèmes qui me sont chers. Merci donc aux visiteurs anonymes des « Desseins de la semaine » qui me donnent ainsi des idées pour mes prochaines notes.. .

Anonymes, ces visiteurs ne le sont en fait pas tant que ça ; la traçabilité des requêtes me permet de le constater tous les jours, jusqu’à un certain point s’entend et de prendre la mesure des moyens de contrôle dont disposent d’ores et déjà en matière d’identification, via l’adresse IP (Internet Protocole) des internautes, les gouvernements soucieux de maîtriser le contenu du Web. Cette volonté de contrôler n’est pas critiquable lorsqu’il s’agit de repérer et de mettre hors d’état de nuire les auteurs et les amateurs de sites tombant sous le coup de la loi mais elle est inadmissible lorsque les limites fixées par certains pouvoirs dictatoriaux sont si étroites qu’exprimer une idée en dehors de ces limites devient délictueux. Il n’est pas besoin de citer des exemples concrets ; les personnes qui lisent ce blog dans les pays auxquels je pense et qui apparaissent ponctuellement dans les statistiques de consultation, comprennent certainement ce que je veux dire.

C’est pourquoi l’article de la loi adoptée le mardi 16 février par l’assemblée nationale (Loppsi 2) qui autorise les forces de l’ordre à installer des mouchards sur des ordinateurs ciblés est dangereux pour les libertés, notamment si la notion de délinquance pouvait à terme être librement interprétée et étendue, comme dans les dictatures évoquées plus haut… On pourrait d’ailleurs s’étonner que soit envisagée l’installation physique quelque peu archaïque de ces mouchards alors qu’il est si facile de pénétrer à distance dans un ordinateur et d’en explorer le contenu comme le font quotidiennement les producteurs de logiciels et de matériels avec leurs mises à jour périodiques. Le logiciel miraculeux qui permettrait de franchir toutes les barrières informatiques, notamment les fire wall et autres mots de passe, sans avoir besoin de pénétrer dans les domiciles relève encore de la science fiction, ce qui est réconfortant.

mouchard d'ordinateur

Petit mouchard de poste

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