29 février 2020

Le Coronavirus ignore les frontières ; les bactéries aussi

La Chine est dans ses petits souliers, non pas parce qu’elle serait revenue au temps où les fils du Ciel (tiens, ça me rappelle quelque chose) bandaient les pieds des femmes ; les déformations anatomiques résultant de ces contentions répondaient, dit on, aux canons de la beauté, du moins aux yeux des hommes. Personnellement, je vois en ces manipulations barbares un moyen pour empêcher les femmes de s’enfuir ; un peu comme le fichage et le flicage dignes de la stasi qui caractérisent la Chine d’aujourd’hui empêchent les gens de donner leur opinion, ou les caméras omniprésentes qui interdisent aux passants de tirer la langue aux kapos chargés de les surveiller et de faire appréhender ceux qui oseraient leur dire merdre, ce qui est impensable actuellement.

Parmi tous ces Ubu au petit pied en faction derrière leur écran de contrôle, se sont vraisemblablement trouvé des gens infectés par le virus ; il en est sans doute de même pour des dignitaires du PC qui n’avaient pas prévu cette calamité dans les plans d’unification des consciences chinoises ; Li Wenliang le médecin lanceur d’alertes qui a dénoncé l’incurie des autorités locales face à l’épidémie a été arrêté; il est mort depuis. D’autres citoyens courageux devraient logiquement lui emboîter le pas, comme l’avaient déjà fait un Ai Weiwei et ces opposants qui peuvent encore s’exprimer et faire savoir ce qu’ils pensent, depuis leur exil forcé. Mais ces voix contestataires et les rebellions spontanées qui vont résulter suffiront-elles pour briser enfin le joug communiste ? Nous n’en sommes pas encore là car on connait les capacités de censure et de répression d’un régime dont l’épine dorsale est précisément ce parti qui régit la société chinoise.

La pandémie menace le monde, au delà de la Chine qui prétend l’avoir sous contrôle chez elle ; mais comment connaître la vérité dans ce pays verrouillé, comme toute dictature qui ne respecte pas l’individu, sauf s’il est haut-placé et qu’il respecte les règles établies ? Cette contagion me rappelle l’existence d’un livre paru en 2018 réunissant des textes d’auteurs divers ayant imaginé, entre 1898 et 1949, «  les guerres futures » (1). Un J. H. Rosny aîné, avec « La Douloureuse future »  y côtoie, entre autres, un Edmond Haraucourt avec ses «  Guerres de l’Avenir »  et le peu  connu Général Verraux avec «  La Guerre d’après-demain (Le nouveau plan allemand [de guerre bactériologique]) ».

Arrêtons-nous sur ce général de division français (2) ; né en 1855, il a donc connu la guerre franco-prussienne de 1870 et participé à la guerre de 14-18 ; il s’est fait remarquer en publiant, il y a près d’un siècle, un article sur la guerre bactériologique (3). C’est sans doute le texte qui vient d’être repris dans le livre précité dont je ne connais que le sommaire. Dans l’article, le général révèle que les Allemands auraient expérimenté en 1917 des échantillons de la bactérie provoquant la « morve du cheval » A son avis, c’est sous cette forme bactériologique que se feront les guerres, si de nouveaux conflits devaient éclater… Le général Verraux est mort en 1939 et n’a donc pas pas vécu le deuxième conflit mondial qui ne s’est heureusement pas mué en guerre bactériologique.

Ce qu’il imagine de cette guerre qu’il redoute, tout en espérant que « les humains s’unissent pour imposer la grande paix », ressemble - par ses effets sur les populations contaminées - à ce qui se passe actuellement avec la propagation du coronavirus qui ignore les frontières, les régimes politiques, les hiérarchies et les grades. Et le général de conclure : « les vainqueurs seront ceux qui auront trouvé l’antidote ». La pandémie est comme un avertissement. Les Chinois, réputés pour manger tout ce qui vit, viennent d’interdire les marchés aux animaux vivants, foyers probables du fléau. Les chiens auront ainsi un peu de répit. Espérons que dans la guerre à mener pour stopper l’expansion du virus et prévenir les pandémies à venir, les scientifiques uniront sans tarder leurs efforts dans tous les domaines de la recherche, précisément pour trouver ensemble les antidotes.

1, Les guerres futures : anthologie / préfacée par Pierre Delage ; [textes sélectionnés par F. Mundzic]. -  [Saint-Xandre] : dépôt légal 2018.  (Sérendipité, ISSN 2491-8121 ; SER 20).
2.Verraux (Général Martial Justin, 6 novembre 1855-28 avril 1939).
3. Si une nouvelle guerre devait éclater, l’arme bactériologique y jouerait son rôle. Le Progrès civique , n. 174, 19 déc 1922, p, 24-25.

retour

Laissez un commentaire

 

 

 

Vous pouvez utiliser ces balises HTML

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>