15 octobre 2019

Mélenchon n'aime pas les gens, ni leur accent


Tome en pénitence, le dos définitivement tourné à la vie...

Tome en pénitence, le dos définitivement tourné à la vie...

Toujours beaucoup de lectures en retard  ; j’essaie de le rattraper, en ne suivant pas toutefois - malgré l’envie de tout connaître - l’ordre alphabétique des auteurs, comme le faisait l’« autodidacte » de Jean-Paul Sartre, ce lecteur insatiable de la bibliothèque municipale de Boville (1). Mes lectures se font au hasard des pioches parmi les livres qui dorment dans ma bibliothèque personnelle et que je n’ai pas encore lus. Ce sont aussi des sources très utiles pour documenter ce blog. Il en est ainsi d’un album de caricatures que je rapproche ainsi  de la « Success story du président » abordée dans le précédent billet. Aujourd’hui, il s’agit du livre d’humour « Le Petit Macron illustré » (2).

Petit Macron illustréParadoxalement, ce n’est pas pour parler du président actuel, - bien qu’il ait lui-aussi les dents longues -  que j’ai choisi ce livre mais pour cibler un concurrent malheureux dont on aperçoit la caricature sur la couverture, dernière Macron et aux côtés d’ autres acteurs de l’élection présidentielle de 2017 : Jean-Luc Mélenchon.

J’ai déjà a dit ce que je pensais de l’homme politique, de sa faconde et de ses propos haineux à l’endroit des journalistes ; chacune des interventions du tribun qui se prend pour Jaurès me conforte dans l’idée qu’il n’est un homme de gauche que de façade. Il n’aime pas vraiment les « gens », comme il se plaît à les interpeller « affectueusement » dans ses discours fleuve populistes. Il n’est pas nécessaire de gratter beaucoup pour trouver ce qu’il y a sous le vernis paternaliste. Ses propos outranciers dérangent, aussi bien à gauche qu’à droite mais Il semble se ficher complètement, du moins en apparence, de voir sa popularité descendre dans les sondages à la vitesse grand V… Il n’aime visiblement que lui-même et méprise en fait ces « gens » qu’il caresse dans le sens du poil.

Pour s’en convaincre, il suffit de l’entendre agresser verbalement la journaliste originaire du Sud-Ouest qui l’interroge à l’occasion de la perquisition faite au siège de la France insoumise. Il feint de ne pas comprendre la question, mettant en cause l’ accent méridional de la journaliste, accent  qu’il parodie avec un mépris odieux, lui l’élu des Bouches-du-Rhône! Il agit exactement comme quelqu’un d’extrême-droite et on le sent  capable de s’attaquer à un journaliste dont les questions l’embarrasseraient autant et  qui porterait cette fois un nom « pas de chez nous » - d’origine africaine par exemple - comme l’a fait de manière ignoble un Eric Zemmour (au patronyme venu d’ailleurs, l’a-t-il oublié?) avec le prénom de la chroniqueuse Hapatatou Sy ou un Le Pen fidèle à ses traits d’humour déplacés et se moquant du patronyme d’origine togolaise de l’ancien député français Kofy Yamgnane.  Le Pen n’avait pas pu résister  au plaisir de transformer ce nom en  « Niam Niam ». On sait bien que derrière un Noir le cannibale n’est pas loin…

Dans l’album de Morchoisne et Festjens, Mélenchon est aussi représenté en corbeau freux et en morpion. Le nom de ce pou qui s’accroche fort rime avec « pion», emploi qu’exerça celui qui fut ensuite enseignant de français, si l’on en croit un article retraçant la carrière de l’homme politique qualifié de « donneur de leçons ».  Dans sa classe, invectivait-il ses élèves,  en ironisant sur leur patronyme, comme l’avait fait un prof de français du lycée Charlemagne (Paris) - non pas avec le mien susceptible de faire l’objet de telles moqueries - mais avec celui d’un camarade dénommé Perchet (ou Perchais?) qu’il admonestait pour un devoir rendu  plein de taches ou de ratures, je crois. Le nom de l ‘élève en pleurs était devenu « Porché» dans la bouche de l’enseignant méprisant et peu psychologue. Tout littéraire qu’il fût – ce dernier, dont je crois me rappeler le nom (3) - ne connaissait pas les écrits du poète si fier de ses origines plébéiennes lointaines à qui l’on doit le poème qui clora ce billet d’humeur.

J’ai songé bien des fois à mon lointain ancêtre,
A celui qui reçut le nom qu’il m’a légué
Du sordide troupeau de porcs qu’il menait paître
Dans la forêt obscure et, de là, boire au gué.
La vase des marais en séchant sur sa guêtre
Alourdissait le soir, son grand pas fatigué,
Ou bien le gueux courait les bois, pieds nus peut-être,
Hirsute à demi fol et sauvagement gai.
Serf de condition sans en porter les chaînes,
Il a passé ses jours à rêver sous les chênes
Et maintenant il n’a plus même de tombeau.
Mais, dans mon cœur, comme un reproche à ma faiblesse,
Il revit. A chacun l’orgueil de sa noblesse !
Il faut aimer ton nom, mon fils, car il est beau.

François Porché (1877-1944) Humus et poussière (1911)

1. La nausée. - Paris] : Gallimard, 1938.
2. Dessins de Jean-Claude Morchoisne ; textes de Jean-Louis Festjens. - Paris : l’Archipel, impr. , 2017.
3. Ce petit homme pâle et moustachu n’était-il pas Tissier? (et toque!) Il ne s’estimait sans doute pas à sa place, face aux préadolescents d’une classe du secondaire et devait attendre impatiemment de passer dans le supérieur. Je l’ai rencontré des années plus tard, à la BNF (Richelieu), qu’il fréquentait ; était-il devenu maître de conférence ou chercheur à la Sorbonne? Je lui ai parlé mais il ne m’a pas reconnu. C’est normal, j’avais grandi depuis, lui pas ; dans mon estime non plus d’ailleurs.

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