8 juillet 2019

Des jeunes inventeurs au secours de la mer malade

Mer malade (marmelade) ; nombreux le sont aussi les être vivants qui la peuplent, animaux ou végétaux. L’homme, cet inconscient guidé par le développement industriel sans bornes et la recherche effrénée de profits, est responsable de cette lente dégradation que l’on ne voudrait pas irréversible ;  insignifiante au début de l’ère industrielle, cette dégradation  s’est depuis insidieusement diffusée à grande échelle sur tous les océans et mers du monde (mercure invisible dans la chaîne alimentaire, objets en matière plastique flottant entre deux eaux et s’agglutinant en de gigantesques vortex - ces  « nouveaux continents » -  qui colonisent les océans, l’Océan pacifique notamment,  par l’effet d’entrainement des courants marins).

Dans les situations de catastrophes,  imminentes ou avérées (guerres mondiales, génocides), l’homme a parfois des éclairs de lucidité et réagit, en s’attaquant à la cause des maux; s’il ne  trouve pas une solution immédiate, il permet l’émergence de lueurs d’espoir qui atténuent aussi la noirceur du tableau. En cette période sombre de la vie de la planète,  que seuls ne voient pas ceux qui refusent de voir, ce n’est pas un général qui relève le défi mais des représentants de la jeunesse.

On leur doit une invention majeure redonnant espoir aux personnes qui assistent avec un grand sentiment d’impuissance au lent dépérissement de  la vie sur la terre, malgré l’action des lanceurs d’alertes que sont les mouvements écologiques et celle des défenseurs de l’environnement. De quoi s’agit-il ? De navires dépollueurs des mers répondant, chacun à sa manière, aux caractéristiques techniques que j’avais préconisées en 2013 dans un billet où j’appelais de mes vœux, sans trop y croire je le confesse, des innovations de ce type.

navires depollueurs - vued'artiste

navires depollueurs - vue (partielle) d'artiste

Le premier navire, en projet depuis 2018, a pour nom Plastic Odyssey; il sera mû grâce au recyclage immédiat par pyrolyse des déchets qu’il récoltera en mer; les deux jeunes Marseillais à l’origine de ce projet prometteur prévoient le lancement d’un prototype grandeur nature en 2020. Une équipe de jeunes volontaires enthousiasmés par l’aventure s’est constituée depuis; elle va faire à son bord une expédition autour du monde. Elle aura un caractère pédagogique et devrait durer trois ans. Le  second futur nettoyeur des mers, le Manta, sera un navire-usine  à voiles aménagé  pour compacter des blocs de plastiques  à partir des déchets récoltés dans l’eau. Si tout va bien, ce navire non moins révolutionnaire que l’autre  devrait quant à lui être opérationnel en 2023…

Bien évidemment, ces deux navires, aussi géniaux soient-ils,  devront intéresser les industriels et être  produits en masse, comme les armements en temps de guerre. Peut-être faudrait-il d’abord que les deux associations porteuses de ces projets combinent leurs efforts et les technologies mises en œuvre et qu’enfin soit constituée une armada de ces navires dépollueurs d’un nouveau genre; une telle armada salvatrice, je l’ai déjà évoquée dans ce fameux billet dont j’ignorais alors son caractère prémonitoire. Elle pourrait être constituée et fonctionner  sous l’égide de l’ONU, pour une action de masse efficace sur tous les fronts… J’espère que j’aurai la chance de voir un de ces navires à l’œuvre ou d’apprendre que la guerre totale contre  la pollution monstrueuse des mers est réellement engagée.

Épilogue. L’écriture d’un billet de blog devrait toujours être précédée d’une veille documentaire exhaustive. Celle, complémentaire, que j’ai faite a posteriori vient de m’apprendre que de nombreux navires dépollueurs, made in France notamment, sillonnent déjà les mers. Mieux encore;  il m’a échappé aussi qu’en 2017 avait été lancé un projet de navire de recherche de grande taille et de grand standing ayant aussi une fonction de dépollueur des mers: le REV (pour Research Expedition Vessel). Ce projet est financé par un milliardaire norvégien sexagénaire. A l’heure actuelle, les travaux doivent avoir déjà bien avancé puisque la mise à l’eau du bateau est prévue l’année prochaine. Il sera équipé de moteurs diésel mais pour limiter la signature carbone du bâtiment, le plastique qu’il récoltera sera incinéré. On peut espérer qu’une combinaison des technologies adoptées pour chacun des navires soit envisagée dans un futur proche, au profit de nouveaux bateaux dépollueurs. Souhaitons aussi que ces trois-là tiennent d’ores et déjà leurs promesses.

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