27 janvier 2019

France musique 2019: vous allez l’abhorrer!

bougiel est juste temps de sacrifier à la coutume, en souhaitant une bonne année à celles et ceux qui me lisent et me le font savoir; est-ce d’avoir négligé de donner suite à certaines réactions de lecteurs qu’une diminution  du nombre de leurs visites s’est opérée au fil du temps? Je l’ai constaté   à travers les statistiques de consultation; le nombre des visites stagnait depuis la rentrée de septembre dernier;  une lente reprise a  cependant été observée en décembre. Je pense que mes interventions plus rares et le faible renouvellement des sujets ont vraisemblablement été une autre cause du désintérêt pour le blog.

change de disque!

Savoir changer de disque

Je me console, si je puis dire,  en observant la baisse d’audience qui affecte sérieusement la presse audiovisuelle et imprimée; les journalistes n’ont plus la cote auprès d’un public qui leur reproche de ne pas couvrir objectivement  les événements; cette tendance, qui ne date d’ailleurs pas d’aujourd’hui, s’amplifie, malgré les efforts faits par les organes de presse pour tenter d’y remédier. Les méthodes de marketing adoptées ne sont cependant pas des recettes miracles ;

et M...

et M...

le supplément illustré hebdomadaire proposé à leurs lecteurs par les quotidiens traduit parfaitement ce racolage ; « Le Monde»  ne fait pas exception avec son magazine « M »; mais j’en ai déjà parlé.

Bonne    année

Venons-en au sujet  du jour, sujet bien futile au regard de l’état absurde d’anarchie chronique qui s’est installé en France depuis quelques semaines et de ce qui se passe ailleurs,  dans un monde dont la destruction à petit feu et à grands incendies s’accélère. Mon pessimisme est pourtant bien modeste comparé à celui de deux de mes connaissances qui souhaitent sincèrement  la disparition rapide de l’espèce humaine, avant que celle-ci n’achève son œuvre d’anéantissement de la vie sur terre !

Meilleurs voeux

et Meilleurs vœux

Bref, ce  premier sujet de janvier  - récurrent une fois de plus  mais comment faire autrement - se résume à un titre accrocheur que les « auditeurs de France musique toujours en colère » auront immédiatement rapproché de l’ insupportable slogan « Vous allez la do ré »,

do mi si la do ré - Domicile à Doré : valse de salon pour piano

do mi si la do ré - Domicile à Doré : valse de salon pour piano

leitmotiv passe-partout d’inspiration musicale (1) et immobilière (2) rabâché comme un jingle entre deux émissions de la chaîne. Je pense à Michel ***, en rogne contre le changement de la grille des programmes de 2014 et qui me l’avait fait savoir ; il doit rugir de rage – s’il écoute toujours France musique – chaque fois qu’il entend cette ritournelle irrrritante, comme dirait Denisa Kerschova.

Courrier des lecteurs

Courrier des lecteurs

Voici ce qu’il m’avait écrit alors : « Je découvre votre blog en cherchant des contacts avec qui partager ma colère (le mot est faible) à propos de la nouvelle grille de France Musique, dont je suis (étais?) fidèle auditeur depuis bientôt un demi-siècle… Des “réformes”, j’en ai connu beaucoup donc, mais j’ai le sentiment que celle-ci est celle de trop. Merci donc de votre attention, et à l’avance de bien vouloir, au moins, me faire savoir si nous pourrions “échanger nos impressions” directement par mail, et pas seulement via votre blog. » Par ma faute, ce lecteur et moi nous n’avons pas entamé de dialogue, malgré un terrain d’entente potentiel et vraisemblablement un âge et des (dé)goûts communs.

- Vous avez les ondes courtes et les ondes longues < /br> - Je les préfèrerais plutôt courtes;  c'est si petit chez moi. Dessin de Clem

- Vous avez les ondes courtes et les ondes longues - Je les préfèrerais plutôt courtes; c'est si petit chez moi. Dessin de Clem (1937)

Aujourd’hui, il ne s’agit pas de la grille des programmes mais de contenu. J’avais observé un léger mieux sur les ondes de  la chaîne qui voudrait qu’on l’adore et l’avais signalé dans un billet précédant celui-ci, en critiquant néanmoins l’engouement de certains jeunes animateurs  pour les jeux, fréquents autrefois sur les radios dites périphériques. Par moments, on se croirait revenu dans les années 50, au temps des Zappy Max (Ça va bouillir!) et autres Monsieur Loyal triomphants. Mais que diable, une  radio n’est pas, ne devrait pas être – un cirque permanent et France-musique moins qu’une autre ! Clément Rochefort par exemple, pourrait se dispenser des « Salut Coco! » lancés à la cantonade à la fin d’une émission publique qu’il orchestre en utilisant les ficelles qu’apprécie ordinairement le public de guignol ou du music-hall (sollicitation des applaudissements et appel pour une reprise en chœur des slogans). Certain autre animateur très satisfait de lui-même, suivez mon regard, et qui en matière deorphéon jazz n’arrive toujours pas à “joindre « Duthil à l’agréable » malgré ses efforts, pourrait lui-aussi nous épargner les jeux de mots hasardeux et dignes d’un potache dont il est coutumier; ils trahissent son passage dans l’administration des douanes avant  son entrée à la radio et il les distille avec gourmandise,  lorsqu’il prend le relais de Frédéric Lodéon. Le dernier en date faisait un rapprochement boiteux entre  la passacaille entendue dans l’émission précédente et le froid qui régnait dehors. Ce genre d’humour laisse froids tous les pisse-froid passéistes et fiers de l’être qui aimaient bien mieux  France musique avant sa « pipolisation ». Dieu merci, ces  vieux grincheux  n’ont pas encore eu droit aux contrepèteries du genre « Les pannes de micro nous brouillent l’écoute ».

Pour rire en societe

C’est sans doute grâce aux Quiz permettant de gagner un disque, grâce aux style “réseaux sociaux ” donné à certaines émissions “interactives” et enfin grâce à ces animateurs enjoués sinon surdoués que la chaîne peut enfin s’enorgueillir d’avoir gagné de nouveaux auditeurs mais pour combien d’autres  perdus? Notamment ceux qui sont partis sur « Radio classique » malgré ses défauts et qui ont renoncé à aller manifester en frac jaune devant la Maison de la radio, ou le studio 106?

Auditeurs de France musique en colère

Auditeurs de France musique en colère

Pour ma part, et sans m’engager sur  un nouveau rythme de  parution plus régulier d’un blog qui était hebdomadaire à ses débuts mais qui ne l’est pas resté, je vais tenter moi-aussi de retrouver les anciens lecteurs, voire en attirer de nouveaux. Pour ce faire, je vais modifier légèrement le fond et la forme,  pour   me rapprocher un peu plus de celle des almanachs; certains articles en avaient d’ailleurs déjà l’esprit (anecdotes, poèmes et textes divers). J’ai évoqué la place qu’il ont tenue dans ma jeunesse;  beaucoup plus tard, je suis devenu rédacteur et il y a une dizaine d’années, j’étais encore administrateur d’un survivant local qui se voulait populaire sans être aucunement «people».almanach du Val borgne.  2008

On sous-estime généralement le contenu rédactionnel et iconographique souvent riche et parfois imprévu de ces publications des plus mal connues et décriées a priori; il peut être source de plaisir et faire l’objet d’intéressantes découvertes. Pour contenter toutes les catégories  de lecteurs et pas seulement ceux issus des couches populaires, une condition est cependant nécessaire : que ce contenu soit le juste milieu entre celui offert par l’Almanach Vermot et celui de l’almanach surréaliste du demi-siècle.

Almanach surréaliste du demi-siècle

1. “Vous allez la do ré” est une formule qui fait florès depuis quelques temps; c’est aussi le sous-titre d’un dictionnaire de musique non conformiste paru en 2015.
2. Les agences immobilières portant ce nom inspiré par les cinq notes ne sont pas rares et les “domiciles adorés” innombrables.

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