24 juillet 2018

Ma chronique : les fausses nouvelles

Les fake news feraient-elles autant parler d’elles si Emmanuel Macron n’en avait pas été la victime? Je ne le pense pas et les efforts que fait ce justiciable au-dessus des autres pour faire passer une loi qui les interdirait montre combien il s’en soucie. Par les moyens à sa disposition, dans divers domaines - l’affaire Benalla notamment - Il donne aussi raison à La Fontaine (selon que vous serez puissant ou misérable)… Notre premier de la classe (politique), malgré l’envie qu’il en a, ne peut cependant pas tout contrôler lui-même et  aurait sans doute préféré que cette affaire fût une fausse nouvelle. S’il l’a prise à la légère au début, il en parle maintenant avec le sérieux qui sied à un chef de l’état qui prétend être  irréprochable.

 - C'est son secrétaire, son bras droit. <br> - C'est surtout son poing droit... pour les réunions.<br> Dessin de George-Edward (1902)

- C'est son secrétaire, son bras droit. - C'est surtout son poing droit, pour les réunions. Dessin de George-Edward (1902)

Le sérieux n’est cependant  pas incompatible avec l’humour,  témoin François Hollande, qui se voulait par ailleurs un président  normal; il   était visiblement plus doué  que son successeur sur ce plan car si l’ancien banquier  a su convaincre une grande partie de l’électorat par  son sérieux,  il semble moins doué pour  la plaisanterie spontanée ou alors il cache bien son jeu. Si les chansonniers existaient encore, ils se seraient fait un plaisir de brocarder le côté people du président (Macron nique les fake news!), à l’instar d’un Fursy qui ne ménageait pas ses contemporains. On a vu,  avec les “emballés”, comment l’auteur de cette “chanson rosse“,  qui fut aussi propriétaire du “Chat noir,  se moquait de  la versatilité des électeurs de l’époque; les “fausses nouvelles” qu’ il distille,  quoique un peu datées, trouvent aujourd’hui un écho dans le contexte politique  de   la Grande-Bretagne confrontée au brexit, Trump et son protectionnisme forcené,  le rapprochement des deux Corées éloignant le spectre de la guerre, les nouveaux députés légiférant intelligemment,  l’utilité de fonctionnaires polis ou la cherté des loyers…S’ils souhaitent éclaircir certains points devenus  obscurs car le texte qui suit est vieux de près d’un siècle, les lecteurs voudront bien se reporter à leur encyclopédie habituelle et, pour découvrir d’autres chansons satiriques de Fursy, cliquer sur ce lien.

Cabaret du Chat noir par Robida

le cabaret du Chat noir par Robida

Fausses nouvelles - chanson rosse

On dit qu’à Spa, la Conférence
A réussi parfaitement,
Et qu’honnêtes les Allemands
De charbon vont gaver la France.
Tant mieux !
Qu’ils vont payer leurs différences.
Oui ! mais tout ce qu’on dit
N’est pas mot d’Évangile
Ah! les on dit ! les on dit !
Nos diplomat’s seraient habiles
Si l’on croyait tout ce qu’on dit,

On dit que bientôt l’Angleterre
Et l’Amérique, gentiment,
Vont abaisser tout simplement,
Leur change au taux d’avant la guerre,
Tant mieux !
Même au-dessous… ils exagèrent
Oui ! mais tout ce qu’on dit
N’est pas mot d’Évangile.
S’ils relevaient notre crédit,
Nos alliés s’raient des imbéciles,
Si l’on croyait tout ce qu’on dit ! (bis)

On dit que la paix de Versailles,
Qui de tous, règle le bonheur,
Va de suite entrer en vigueur;
Lénine mourra sur la paille.
Tant mieux !
Qu’on désarme : plus de batailles !
Oui, mais tout ce qu’on dit
N’est pas mot d’Évangile.
Gardons toujours nos fusils.
D’Annuzio resterait tranquille,
Si l’on croyait tout ce qu’on dit ! (bis)
Si l’on croyait tout ce qu’on dit !

On dit - et les contribuables
En sont heureux ! – que maintenant,
Des députés intelligents,
Bien que ce soit invraisemblable
Vont faire des lois remarquables.
Oui, mais tout ce qu’on dit
N’est pas mot d’Évangile.
Voyez d’ici quel profit !
C’est nous qu’on touch’rait vingt-sept mille,
Si l’on croyait tout ce qu’on dit ! (bis)

On dit que les propriétaires,
Las de toucher des gros loyers,
Les diminueront de moitié
Au profit de leurs locataires !
Tant mieux !
…A moins que ce soit le contraire !
Oui, mais tout ce qu’on dit
N’est pas mot d’Évangile
Ah ! les on dit ! Monsieur Ci-
troën f’rait des automobiles,
Si l’on croyait tout ce qu’on dit ! (bis)

On dit qu’au nom de l’Assistance
Publique, Monsieur Mesureur
Va rembourser aux spectateurs
Vingt-cinq pour cent de leur dépense.
Tant mieux !
Qu’il veut mourir dans l’indigence !
Oui, mais tout ce qu’on dit
N’est pas mot d’Évangile.
Intelligents et polis,
Les ronds de cuir seraient utiles,
Si l’on croyait tout ce qu’on dit ! (bis)

On dit…Mais vraiment je m’arrête.
On dit…Mais que ne dit-on pas,
Je ne puis traiter tous les cas,
Et les mettre dans ma chansonnette.
Tant mieux !
Car on dit qu’elle vous embête.
Oui, mais tout ce qu’on dit
N’est pas mot d’Évangile
Ah! Les on-dit ! les on dit
Si l’on croyait tout ce qu’on dit ! (bis)

Fursy

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