24 juin 2018

Blancs et noirs ou recettes pour réussir une colonisation

Le 4 novembre prochain, les Français de Nouvelle Calédonie décideront par referendum du statut de la lointaine île du Pacifique  colonisée par la France en 1853 (1).  Madagascar, île de l’Océan indien et autrement plus vaste que la précédente, fut colonisée à son tour quelques décennies plus tard.  Elle ne s’en est toujours pas remise, bien qu’indépendante depuis 1960. Curieuse coïncidence, le premier tour de la prochaine élection présidentielle y aura lieu le 24 du même mois…

On  apprend aujourd’hui que le jardin d’acclimatation de Paris rouvre ses portes, après une énième métamorphose. Cette dernière voit une augmentation du nombre des attractions et leur diversification. Implanté au nord-ouest du bois de Boulogne au milieu du 19e siècle, ce jardin fut conçu à l’origine pour y acclimater des animaux exotiques, à des fins éducatives, agricoles et commerciales ; il a vu ensuite sa raison d’être évoluer au fil du temps et a même servi de cadre aux zoos humains de sinistre mémoire. Les descendants des malheureux Canaques qui y furent exposés derrière des barreaux ne l’ont pas oublié.

J’en viens au sujet du jour mais il me  faut préciser que, recherchant  des caricatures pour illustrer un futur billet sur les fausses nouvelles,  j’ai découvert par hasard  un texte satirique abordant précisément cette  question et les trois autres évoquées plus haut et ce, au détour de réflexions humoristico-philosophiques sur les divers processus de la colonisation européenne et les recettes radicales pour la réussir.  Mon sujet était trouvé! Comme je ne connaissais pas ce texte désopilant dû à la plume acérée du spirituel Pierrre Veber et illustré de dessins horrifiques réalisés par son frère Jean (2), je me devais de le  commenter.

Charles Le Myre de Villers caricature

Ainsi on découvre un projet insolite proposé pour le jardin d’acclimatation et « notre colonie la plus florissante » qu’était alors la Nouvelle Calédonie citée comme exemple d’une pacification réussie et “sans récidivistes”, grâce aux nombreux moyens coercitifs déployés pour y parvenir. En ouverture, il est question de Madagascar en l’ année 1895 et de Charles Le Myre de Villers (3) envoyé là-bas en  mission de pacification. Le texte rappelle ensuite  comment se sont passés les premiers contacts entre blancs et noirs en Afrique, la politique de la canonnière, les décapitations, l’établissement de l’ impôt, l’utilisation des fausses nouvelles (déjà!)  et tout  ce qui s’ensuivit.

Cette perle rare figure déjà sur le web mais perdue au milieu d’autres textes et pas indexée; c’est pourquoi  je n’ai pas pu résister à l’envie de lui donner un nouvel écrin, pour la mieux faire connaitre. La longueur du propos dépassant la taille habituelle d’un billet du blog, le texte se trouve sur une page spécifique, sous une nouvelle rubrique créée à cet effet.

Madagascar et la  colonisation française :  politique de la canonnière
Madagascar et la colonisation française : politique de la canonnière

1 cette ancienne colonie est devenue territoire d’outre-mer puis collectivité française.
2. In : Les Veber’s. Les Veber’s. Les Veber’s. [Texte satirique de Pierre Veber, illustré de 350 dessins par Jean Veber dont d'horrifiques têtes coupées.] Paris : E. Testard, 1895.
3. Charles Marie Le Myre de Villers (1833-1918). Homme politique français. Fut gouverneur de la Cochinchine et ministre plénipotentiaire en Annam puis résident général de Madagascar.

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