25 novembre 2009

D’un vieux schnock solidaire

Moi qui ne regarde presque jamais TF1, je suis heureux de lui être redevable du titre de cette dernière note. Merci donc à Laurence Ferrari pour son lapsus (Solidarschnock) qui défraye actuellement  leachronique,  confirmant une fois de plus que la bêtise est la chose la mieux partagée au monde, qu’on soit un homme ou une femme. Et puisque ce mercredi 25 novembre, jour de la Sainte Catherine, est aussi dédié à la femme, je reviens une fois de plus sur ce sujet pour les brocarder gentiment au passage puisque elles sont maintenant assez grandes pour se défendre toutes seules, du moins théoriquement.

Assez grandes moralement oui, mais malheureusement pas physiquement. Le nombre incroyable des femmes battues en témoigne et ne laisse pas d’inquiéter. La nouvelle loi plus répressive érigée contre les maris et les compagnons tortionnaires limitera sans doute les abus les plus flagrants mais combien de femmes  agressées physiquement ou moralement par leur conjoint ou ami continueront de supporter en silence leur calvaire dans le secret des foyers ? Les mieux armées psychologiquement finiront pas quitter « leur seigneur et maître » mais combien d’autres resteront avec lui, en expliquant, comme dans la chanson, « cet homme là j’l’ai dans la peau, j’en suis marteau » ?

Querelle au foyer

Querelle au foyer

De la force physique supérieure liée à la constitution du mâle découle  « naturellement » cette dominance masculine qui a prévalu dans la plupart des sociétés, à peu d’exceptions près. Ainsi transposée sur le plan social, cette suprématie s’est aussi retrouvée inscrite dans les textes sacrés des grandes religions ou dans les écrits de leurs plus célèbres représentants. Ce serait un moindre mal si des préceptes reflétant les mentalités héritées d’un temps où l’homme se cherchait encore ne continuaient pas d’avoir force de loi dans de nombreux pays en ce début du 21e siècle. Et si les déclarations d’un Saint-Paul (1) ou d’un Bossuet (2) font sourire aujourd’hui, d’autres écrits religieux, souvent interprétés abusivement, restent encore des dogmes intangibles là où la religion reste religion d’état.

Ces religions et leurs dogmes des temps obscurs et aux mentalités archaïques  perdent du terrain. On peut se réjouir que les lois laïques basées sur de grands principes moraux héritées en grande partie de la révolution française caractérisent les sociétés modernes. Elles ont une valeur universelle mais ne sont évidemment pas encore appliquées, voire respectées partout, loin s’en faut. Dans leur long combat pour l’égalité, les femmes ont encore des points à marquer, sans parler des points de suture…

Les divers mouvements féministes font un gros travail d’information, peut être encore trop éparpillé mais le web est un bon relais. Quoiqu’en pense un Jean-Claude Guillebaud par ailleurs tout à fait dans le vrai lorsqu’il dénonce « la colère des imbéciles » qui s’y exprime sans bornes (3), le web est un média par lequel ceux et celles qui ne passent pas forcément pour des imbéciles peuvent aussi faire entendre leur voix. Mais le livre a encore toutes ses chances dans le combat pour l’égalité. Lors de la révolution culturelle, les Chinois ont eu à leur disposition le petit livre rouge, bible de la pensée Mao ze dong. A la fin des années 60, les Nouvelles éditions Debresse publiaient un opuscule inspiré (dans sa forme) de cette idée. Il est dommage que « le Petit livre rouge de la femme libre » n’ait pas connu de nombreuses rééditions. Son précieux contenu, peut donner à réfléchir à tous ceux qui croient encore que la femme n’est toujours pas l’égale de l’homme.

Petit livre rouge de la femmel ibre

Le petit livre rouge de la femme libre (1969)

1. L’homme est le chef de la femme. L’homme n’a point été tiré de la femme, mais la femme de l’homme. Et l’homme n’a pas été créé pour la femme mais la femme pour l’homme.
2. Les femmes n’ont qu’à se souvenir de leur origine, et sans trop vanter leur délicatesse, songer après tout qu’elles viennent d’un os surnuméraire où il n’ y avait de beauté que celle que Dieu y voulut mettre ».
3. Nouvel Observateur, [supplément télévision-cinéma], du 21 au 27/11/09.

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