4 mai 2017

Élections présidentielles 2017 : deuxième tour et nouvelle sortie de piste

Je n’ai pas regardé le débat télévisé entre le candidat républicain, qui demeure le favori des sondages, et sa rivale d’extrême-droite. Il m’est physiquement impossible de regarder le rictus figé ou même d’écouter chuinter entre ses dents serrées celle qui prétend parler au nom du « pople » mais qui ne refusera sans doute pas l’héritage confortable que lui laissera celui qui lui a déjà transmis sa vulgarité. Le style oratoire familial à l’emporte pièce et les discours truffés de raccourcis simplistes ou/et de mensonges plaisent certainement à une grande partie des « Groseille » scotchés devant leur petit écran ou aux indécis affirmant « ne pas faire de politique », justement parce qu’ils ont l’impression de n’avoir aucune prise sur la vie politique ; ce en quoi ils ont tort, car, à la différence du système électoral américain abscons, toutes les voix comptent dans une élection au suffrage universel ; encore faut-il en comprendre les enjeux.

Malgré les espoirs suscités par les commentaires de journalistes ou de personnalités impartiales qui ont regardé ce pseudo-débat, la menace demeure de voir Marine Le Pen rassembler sur son nom une partie non négligeable des voix qui au premier tour sont allées sur les autres candidats, dont Mélanchon et l’opportuniste-rallié-de-dernière-heure-Dupont–Aignan ; il ne faut donc pas baisser la garde, ou du moins, ne pas rester muet devant cette menace mais tout faire pour en réduire l’ampleur, d’autant plus que des personnes réputées être de gauche votent maintenant pour le Front national, ce qui ne date pas d’aujourd’hui.

Le plus inquiétant est qu’en ne donnant pas de consigne de vote, l’égocentrique-mauvais-perdant-Mélanchon préfère visiblement voir battu le camp dont les valeurs sont en principe plus proches du sien que de celles du FN, au point de faire douter de la sincérité de ses convictions d’homme de gauche, leader d’opinion qui plus est. Cette attitude négative a connu des précédents désolants et autrement plus graves : un Déat ou un Doriot n’étaient-ils pas eux-aussi issus, le premier du parti socialiste, le second du parti communiste, avant de se dévoyer en adhérant aux idées du fascisme et en entrant dans la collaboration ? Mélanchon n’en est pas encore là mais sa logorrhée, sa vulgarité et sa manière d’agresser verbalement les journalistes ressemblent étrangement au style de son alter ego d’extrême-droite

A la différence du distributeur de tracts basique, le blogueur se trouve quelque peu isolé pour faire passer son message ; aussi joint-il sa voix à celles des organisations et groupements invitant les électeurs de bon sens à voter Macron, quand bien même la politique libérale que ce dernier envisage de mener ne serait-elle pas à l’abri des critiques ; c’est aussi pourquoi il croit utile de relayer ici l’appel émanant du milieu universitaire dans lequel il travaillait avant de partir à la retraite…

lettre ouverte

Nous résist(er)ons !
Appel d’enseignants-chercheurs, de chercheurs et de personnels techniques et administratifs de l’Université Paul Valéry Montpellier3 et de l’Université de Montpellier à combattre les idées de la candidate du Front National en votant en faveur d’Emmanuel Macron

Venus d’horizons politiques différents, ayant soutenu divers candidats au premier tour, nous sommes animés par des valeurs républicaines partagées et, à ce titre résolus à combattre la banalisation des idées d’extrême droite dans notre pays.
Car nous rejetons l’idée d’une France obscure, repliée sur elle-même et isolée dans un monde en mouvement ;
Car nous sommes résolus à combattre sans relâche l’intolérance, le racisme, l’antisémitisme et toutes autres formes d’exclusions, incompatibles avec les valeurs d’universalité qui sont les nôtres ;
Car nous refusons la possibilité de voir notre pays livré à des idées qui, au milieu du 20ème siècle, ont ravagé l’Europe ;
Car enfin, nous n’acceptons pas la démagogie et les contre-vérités contenues dans le programme de la
candidate du Front National.
Parce que nous croyons que l’Université, la Recherche et l’Innovation ne doivent connaitre d’autres frontières que celles de notre éthique ;
Parce que nous pensons que le savoir se nourrit de la diversité des idées et des cultures ;
Parce que nous voulons préserver, contre les «vérités alternatives», la démarche scientifique établie sur la rationalité, fondement du débat public et du progrès ;
Parce que nous considérons que les problèmes rencontrés dans notre pays peuvent trouver une solution dans la formation de haut niveau de sa jeunesse et par l’innovation, fruit de la recherche ;
Parce que nous n’oublions pas que les universités de Montpellier se sont forgées et développées depuis des siècles, comme les plus grandes en Europe, en accueillant des étudiants et des chercheurs venus du monde entier ;
Parce que nous sommes convaincus que la dimension européenne et, au-delà, l’internationalisation sont essentielles pour l’Université, l’avenir professionnel et la citoyenneté de ses étudiants ;
Parce que nous sommes attaché-e-s aux valeurs de notre République, nous ne souhaitons pas voir accéder le FN à la magistrature suprême.
Les signataires appellent à voter pour Emmanuel MACRON au second tour de l’élection présidentielle du 7 mai 2017, pour provoquer un échec net et sans appel de la candidate du Front National. Face à l’alternative qui nous est proposée, nous devons permettre la préservation des valeurs d’un service public de l’enseignement supérieur et de la recherche, ouvert à tou-te-s, ouvert sur l’Europe et sur le monde, tourné vers le progrès et l’innovation. La défense de la République étant en cause, les universitaires ne peuvent rester silencieux.

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