4 août 2015

Le libraire d’Uzès que les marionnettes malgaches n’intéressent pas…

Faire éditer un livre sans recourir à la solution de la publication à compte d’auteur n’est pas une mince affaire et quand, de guerre lasse devant le peu d’enthousiasme des éditeurs contactés, on fait appel à un opérateur étranger, se pose ensuite la question de la diffusion de l’ouvrage. Celle de « Marionnettes et fantasmagories » est assurée en partie par l’Institut international de la marionnette et c’est une belle opportunité ; les auteurs ont également souhaité déposer quelques exemplaires dans des librairies se trouvant dans leur environnement proche.

Personnellement, je me suis adressé, pour l’instant, à cinq librairies. Trois ont accepté le dépôt avec enthousiasme. L’une est une grande librairie généraliste. Le responsable du rayon « Beaux-arts » a même pensé que le livre pourrait intéresser son collègue chargé du secteur « ethnologie » ; la seconde librairie est centrée sur la découverte des pays du monde et les voyages. Là encore, la responsable a montré son intérêt pour un livre qui n’entre pourtant pas strictement dans le cadre de son fonds mais qui ne constitue pas moins une approche originale et inattendue de Madagascar et des îles proches, dans l’Océan indien. Le troisième dépôt, en nombre!, s’est fait dans une librairie fonctionnant dans le cadre associatif.

Je ne m’attendais pas à ce qu’un responsable d’une autre librairie généraliste trouve le sujet « trop pointu » et qu’un autre me déclare « je n’aurai pas de ventes pour ce genre de livre », livre que ce dernier n’a pas même regardé. Que savent ces libraires des goûts des clients susceptibles ou non d’acheter un livre ? La seule couverture de celui-ci a pourtant eu l’heur de séduire des lecteurs, eux-mêmes auteurs et certains ne sont pas inconnus. Ayant eu moi-même la tâche, en tant que bibliothécaire, de commander des livres pour les différents établissements où j’ai travaillé, je pense n’avoir jamais joué ce rôle de filtre, rejetant tel ou tel titre parce que le sujet « ne m’intéressait pas ».

C’est pourtant ce qu’un libraire d’Uzès m’a répondu sèchement lorsque j’ai voulu lui présenter le petit ouvrage. J’étais venu pour les « Nuits musicales » (dans cette période de festivals de musique tous azimuts, on ne parle pas assez de cet événement annuel remarquable, soit dit en passant). J’en avais profité pour emporter quelques exemplaires. Ils n’ont donc pas trouvé preneur dans la seule librairie que je connaissais à Uzès, bien située sur une place très fréquentée. L’accueil glacial que m’a fait ce libraire qui a réitéré son « ça ne m’intéresse pas » lorsque j’ai souligné que les illustrations donnaient aussi une valeur esthétique à ce livre. Ce libraire mal embouché n’a rien voulu savoir et je n’ai pas insisté. Avant de sortir de son magasin surchauffé, j’ai quand même pris la peine de jeter un coup d’œil sur les documents exposés sur les rayonnages. A première vue, aucun ne semblait porter la mention « vu à la télé », comme j’aurais pu m’y attendre après la réaction déplaisante de ce marchand de livres que j’espère plus accueillant avec ses clients. Je m’interroge encore sur ses critères de choix en matière de lecture…. Comme on étouffait dans sa boutique non climatisée, j’en suis reparti très vite et sans aucune envie de continuer de jouer les VRP éconduits. J’ai eu tort car je me suis aperçu en rentrant chez moi qu’il existait d’autres librairies dans cette ville qui s’enorgueillit d’accueillir chaque été des dizaines de milliers de touristes, donc des lecteurs potentiels…. Je crains de ne pas avoir frappé à la bonne porte.

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