26 avril 2015

Attendez-vous à ne plus savoir

Je parodie la célèbre formulation dont se souviennent les personnes qui, dans les années 50, écoutaient à la radio les chroniques politiques de Geneviève Tabouis; ce détournement me permet de parler de la mémoire et surtout de ses défaillances dues à l’âge. Soixante ans plus tard, je me souviens bien de la voix de tête de la chroniqueuse disparue en 1985 (1); elle commençait toujours son propos – elle le ponctuait aussi - par cette incantation insolite. Je n’oublie pas non plus  le timbre grave et enjôleur de Julien Besançon parlant à la radio ou à la télévision, quelques années plus tard; par contre, le nom d’un homme de radio de cette époque m’échappe complètement. L’émission littéraire qu’il animait a certainement marqué d’autres auditeurs.

Ce chroniqueur s’exprimait en fin de semaine, le matin sauf erreur ; il disait son texte à la manière d’un poète, dans un flux apparemment incohérent de mots juxtaposés. J’ai écrit un jour que le web était mes « béquilles mémorielles »; c’est pourquoi j’y recours quand j’ai un trou de mémoire mais je le fais avec prudence, sachant que les données qu’il contient sont souvent fausses, malheureusement. Le web, c’est aussi la communauté de ses utilisateurs et j’espère que l’un d’eux, dont la mémoire des noms sera moins défaillante que la mienne, se souviendra de celui du personnage et de son émission et voudra bien me les communiquer. Je le remercie donc par anticipation. Je précise que j’ai pensé à Jean-Marie Amato, à cause de l’esprit burlesque des textes entendus autrefois mais je ne suis pas convaincu.

Avant de recourir à cet expédient facile et aléatoire, j’ai cherché préalablement sur le web ; cela n’a rien donné. Utiliser des mots-clés décrivant sans les nommer formellement une personne ou un objet et sa fonction précise ne permet actuellement d’obtenir que des réponses sans rapport avec la requête. Grâce aux perfectionnements apportés au « web sémantique », avec des algorithmes plus sophistiqués, les moteurs de recherche pourront-ils demain  répondre utilement à des questions purement subjectives? Attendez-vous à [le] savoir…

chroniqueur radio oublié

1. Journaliste au carnet d’adresses bien rempli et ancienne élève de l’École du Louvre ayant renoncé à l’égyptologie à cause de la misogynie des archéologues de son temps; outre les nombreux articles publiés dans les divers journaux auxquels elle a collaboré, on lui doit - entre autres - une biographie de Toutankhamon et - édité en 1942 à New York aux éditions de la Maison française - “Ils l’ont appelée Cassandre”, passionnant récit autobiographique d’une journaliste parlementaire et d’une correspondante diplomatique à l’étranger dépeignant avec brio les coulisses de la vie politique en France dans l’entre deux guerres et la montée du nazisme en Allemagne.

2 commentaires à Attendez-vous à ne plus savoir

  • Je pense t’avoir répondu personnellement en disant qu’il ne s’agit pas de Monsieur Champagne, dont j’entends encore la fameuse ritournelle mais une question est restée sans réponse à ce jour : le mot remplacé par les éleves à la fin de ladite…

  • dominique chailley

    Le chroniqueur radio que tu cherches, ce ne serait pas “Monsieur Champagne” avec ce refrain-scie : “Bravo bravo Monsieur Champagne, vous nous avez bien ren-sei-gnés…” ? Il était surveillant général au Grand Lycée Condorcet quand j’étais en Seconde, en 1960. Mais c’était, je crois, sur un “poste périphérique”… Il devait arrondir ses fins de mois en faisant de la radio, mais nous, on le chahutait avec sa ritournelle, dont nous changions le dernier mot, et devinez pour lequel… ?