20 avril 2015

France musique : marche ou trêve ?

Être journaliste dans la presse écrite est un métier enviable. Aligner des mots à longueur de journée et être payé de retour financièrement, moralement aussi - par les lecteurs en empathie avec vous - a de quoi séduire. Néanmoins, sauf s’ils ont la plume facile, cela ne doit pas être drôle tous les jours de trouver le sujet qui fera mouche car, malgré la désaffection du public et la baisse des ventes, la concurrence est encore rude dans la presse; de plus,  le journaliste ne fait pas qu’écrire ; il doit aussi lire et écouter beaucoup, pour ne pas passer à côté de l’information qui séduira la rédaction du journal qui l’emploie et son lectorat.

Bien qu’il ne soit pas rémunéré, le blogueur indépendant se situe un peu dans la même problématique et si ses billets n’ont qu’une diffusion relative, il ne connait pas nécessairement l’accueil qui leur est fait. Selon la périodicité de son blog, il lui arrive aussi d’être confronté à l’angoisse des idées à trouver et à exploiter. Cette semaine, j’étais sur la même longueur d’ondes que Jean-Claude Guillebaud, si je puis dire, pour un sujet que je voulais traiter: la fin de la grève à « Radio France ». Comme je n’écoute pratiquement que « France musique », je peux parler aussi de cette fin de grève, dans ce contexte musical.  Quelle satisfaction de retrouver enfin ceux que j’appelle gentiment les « confiseurs » car ils enrobent, chacun à leur manière et souvent avec une grande intelligence, les musiques qu’ils nous donnent à écouter et pas toujours pour notre plaisir d’ailleurs. Je ne répèterai pas ce que j’ai déjà écrit dans ma grille personnelle d’évaluation à laquelle je renvoie ; n’y figurent pas encore tous les remplaçants des débarqués du dernier remaniement de programmes…

Je ne reviens pas non plus sur mes « difficultés d’écoute » ou mes lacunes en matière de musique contemporaine; les échantillons de musique diffusée en boucle pendant la grève en contenaient peu. Serait-ce la preuve qu’à “France musique” on est conscient que diffuser pendant la grève cette musique difficile à écouter, ferait courir le risque  d’éloigner un peu plus de leur poste les auditeurs allergiques, comme je le suis?

A propos d’allergie, j’ai franchement ri en lisant les réactions de Jean-Claude Guillebaud à l’écoute des spots publicitaires débiles diffusés sur les radios privées sur lesquelles il s’est rabattu pendant la grève. Sa dernière chronique de « TELEObs » (1) mériterait la palme des « descentes en flammes ». Elle pourrait aussi être proposée comme sujet de commentaire composé aux concours d’entrée des écoles de commerce. Il a raison; ces spots “entre vacarme et niaiserie” sont insupportables et plus bêtes encore que ceux diffusés à la télévision. Et puisque en France (musique) tout finit par une chanson, je propose d’écouter la « 6e canción y danza » de Federico Mompou, morceau interprété par Aldo Ciccollini et revenu quotidiennement en boucle pendant la grève. Devenue involontairement répétitive, cette jolie musique reste quand même plus supportable pour mes oreilles que celle du même nom…

Lili et le gagaffophone

Lili et le gagaffophone

1. Réflexion faite. TELEObs, n° 2632, 16 avril, p. 49.

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