19 septembre 2006

Hapax ou à la trinité

Pour qui a subi pendant 40 ans la contrainte des horaires fixes de travail, quel bonheur de n’avoir plus de comptes à rendre à personne! Sauf peut-être aux discrets lecteurs de ce (presque) blog en droit de s’étonner de mon long silence estival. Qu’ils me pardonnent, Mais quoi! l’entrée dans la vieillesse passe pour être un retour en enfance ; ces grandes vacances m’ont fait revivre l’époque insouciante où les écoliers décrochaient pendant plus de deux mois…quitte à ce que la rentrée soit difficile.

Il ne faut pas croire que ce furent des mois de farniente, loin de là. Les vacances sont toujours des moments privilégiés pour les gros travaux. Une participation active à l’abattage presque total d’un sapin de Douglas de près de 20 mètres de haut et devenu trop grand dans un jardin qui l’accueillit trente-deux ans plus tôt était la dernière grosse tâche de l’été. Le tronc résiduel encore debout pourrait bien devenir un totem. Ce ne serait que justice puisque l’arbre a séjourné au début de sa courte vie dans la maison en tant que sapin de Noël. Ce qu’il en reste est plus encombrant qu’un nain de jardin mais impossible à emporter. Mais gardera-t-il longtemps les souvenirs qu’il évoquera désormais?

Le sapin de douglas sacrifié

Le sapin de douglas sacrifié

“Au frère qui faisait et préparait
le bois pour le feu
Il disait de ne jamais trancher l’arbre entier
Afin que de cet arbre une part restât sauve…”(1)

Bien que parcimonieusement reçues à cause d’autres activités de plein air (par exemple la marche tranquille en ville ou à la campagne et non le jogging éreintant en plein soleil, je ne suis pas masochiste), les nouvelles du monde ont quand même filtré. Elles m’ont appris que ce dernier ne changeait pas ; pour quelle raison le ferait-il d’ailleurs? Les étripages entre peuples ou entre citoyens, la compétition pour le pouvoir ont de tous temps rythmé le moteur et les cahots de l’évolution. La lutte serrée qui se joue actuellement au sein des partis politiques m’a rappelé l’époque encore très proche où les collègues bibliothécaires ou candidats à la profession luttaient de la sorte pour leur avancement ou leur nomination ; souvent les plus beaux parleurs (et parleuses) séduisent mais déçoivent une fois qu’ils ont été choisis, en particulier lorsqu’ils ont appris leur rôle par coeur…

Ces luttes cocasses précédant les élections du “premier de la classe” m’ont aussi inspiré l’achat de livres que je n’avais pas encore lus : “le Grand cirque” est de ceux-là. Pour des raisons plus personnelles, un autre livre m’a tenté après l’avoir feuilleté : “le Journal de la mémoire” de Jacques Borel (Champ Vallon, 1994). Ce journal débute en 1962, année où je cherchais encore ma voie. Comme il est déprimant et réconfortant à la fois de constater à travers chaque livre de souvenirs combien les humains fonctionnent sur le même mode. Quand en décembre 1963 l’auteur de “L’Adoration” écrit dans son carnet: “j’ai bien conscience de me répéter”, il n’est pas le seul à avoir ressenti cette impression devant la page à écrire. Qu’elle soit sur papier ou virtuelle, l’écriture est une interrogation permanente. C’est aussi un besoin jamais assouvi, même s’il est différé. Comme cette dernière note. A ce propos, pourquoi lui avoir donné un titre si abscons ? Parce ce qu’elle se faisait attendre et par la hantise du déjà lu qui caractérise trop le Web, malheureusement...

1. extrait d’un poème de Pierre-Jean Jouve.

Elections : le bras de fer ou le grand cirque des campagnes électorales

Le bras de fer électoral

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