23 mars 2015

Les élections ne sont pas un jeu de hasard

Les lendemains d’élections sont parfois amers et ceux du dimanche 22 mars ont ce goût désagréable. Voir le Parti socialiste arriver derrière le Front national au premier tour des « départementales » augure mal de l’avenir. Les téléspectateurs qui ont plébiscité la série «Un village français » ne font visiblement pas de rapprochement entre cette œuvre de fiction inspirée par la réalité et ce que pourrait devenir la France si les électeurs continuaient de porter leurs voix sur un parti dont on ne doit rien attendre, sinon le pire. Il est impensable de voter « juste pour voir » ou pour « donner une leçon à ceux d’en haut ». Hitler est arrivé au pouvoir de manière légale. On a vu ce qu’il s’en est suivi. Ne répétons pas les erreurs du passé et relisons ce que disait la presse progressiste à propos des élections législatives, il y a presque un siècle ; les arguments ne sont plus les mêmes aujourd’hui mais la démarche  (basée sur la peur) qui est si justement dénoncée,  n’a pas varié :

« Avez-vous observé que toutes les élections législatives tournent autour de spectres que brandissent les fantoches ou les malins de la politique ? Le but est de saisir la masse par ses sentiments les moins nobles : on lui fait peur, une peur bête et blême…
Aux dernières élections, on eut le « bolchévik le couteau entre les dents. Avant, c’était le spectre collectiviste : paysan, on va te prendre ton champ, - rentier, tes rentes, - industriel, ton usine.
Avant, ce fut le coup des inventaires : catholiques, vos églises seront mises à l’encan ! Et l’on va revenir au temps de Dioclétien ! Et le sang des martyrs va couler !
Ça prend toujours.
Quel sera le spectre des prochaines élections ? On cherche aux Unions civiques, à l’Union des intérêts économiques, à l’Action française et dans tous les milieux fascistes.
On cherche et le pire, c’est qu’on trouvera.
Et hélas ! Elles sont bien fortes les combinaisons échafaudées sur la peur et la bêtise… »
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Le Progrès civique

1. Le Progrès civique, n. 159, 1922, p. 12.

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