8 décembre 2014

Noir, jaune, blanc ; humain en somme

Je n’avais pas encore eu l’occasion de voir « Intouchables », le film dont Omar Sy tient la vedette et est par ailleurs en tête des personnalités aimées par les Français. J’ai regardé hier soir ce film à succès, entre les deux coupures publicitaires indispensables à TF1 pour sa survie. Ces interruptions permettent à la chaine de continuer de flatter le gout de certaines couches de la population pour ce genre d’interlude qui est parfois un élément important, sinon le seul, de leur culture. On en a un aperçu dans ce film qui se laisse regarder et où j’ai trouvé les clichés auxquels je m’attendais. Outre cette allusion à l’inculture et à la culture acquise à travers la publicité télévisuelle (déjà vue dans « Le Goût des autres), j’ai été amusé par une scène qui fait écho à une autre vécue personnellement. C’était il y a une dizaine d’années, bien loin, en Chine.

Cette scène est celle où Idriss est dans une loge à l’opéra, avec son partenaire invalide ; il ne peut retenir ses accès de fou rire à la vue d’un chanteur emmitouflé dans un costume de feuilles vert pétard et qui commence à chanter. « Un arbre qui chante!» s’esclaffe-t-il. A l’opéra de Peijing, quelques-uns des spectateurs du groupe de Français dont je faisais partie eurent exactement la même réaction lorsque la cantatrice entonna le premier des airs que comportait l’œuvre qu’elle interprétait. La manière de chanter dans l’opéra chinois n’a aucun rapport avec celle de l’opéra italien ou wagnérien; elle peut surprendre quand on l’entend pour la première fois. Ces spectateurs réagissaient comme leurs devanciers du 19e siècle découvrant et décrivant un opéra leur évoquant un concert de miaulements de chats… Tout est question de culture et l’ouverture à celle des autres permet d’éviter les « mal écoutés ».

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