3 novembre 2014

Tu es Chinois, toi! Hommage à Georges Schirmann

Plusieurs professeurs du lycée Charlemagne (de Paris) ont fait l’objet d’un billet dans ce blog mais je n’avais pas parlé des professeurs de dessin jusqu’à présent. Une correspondance échangée avec un ancien condisciple retrouvé grâce au web nous a donné l’occasion d’évoquer l’un deux : Georges Schirmann. Cet enseignant, au physique de « catcheur », selon un autre ancien Carolingien qui le cite - en estropiant son nom tout en indiquant le sien par une allusion - fut aussi un artiste talentueux, ce que j’ignorais jusqu’à présent. Contrairement à un de ses collègues, qui assurait ses cours cigarette au bec et qui n’avait eu que mépris pour un des dessins que je lui avais présenté un ou deux ans auparavant, G. Schirmann ne jugea pas négativement celui que je lui soumis. Mon « style » avait évolué entretemps. Il est vrai que le dessin précédent était fortement imprégné des petits Mickeys qui font aujourd’hui la fortune d’un Hervé Di Rosa, tandis que le second, d’une toute autre facture, était plutôt dans l’esprit d’un dessin de Druillet avant la lettre.

Capharnaüm - dessin de Claude Razanajao

Capharnaüm - dessin de Claude Razanajao (1958)

Je devais alors être en 3e. A la vue de ce dessin, intitulé a posteriori « Capharnaüm », G. Schirman me dit avec sa manière particulière de parler en serrant les machoires: « Mais tu es Chinois toi !» C’est sans doute ce que lui inspiraient les personnages torturés disséminés dans le paysage tourmenté qu’il avait devant les yeux. Il m’invita à rejoindre le cours collectif particulier qu’il donnait aux élèves de terminale, ce que je ne fis d’ailleurs pas, n’osant pas me confronter au talent de mes ainés…

Capharnaüm - détail. Dessin de Claude Razanajao

Capharnaüm - détail

Dans quelque domaine que ce soit et à tout âge, chacun a ses modèles et ses maîtres. Georges Schirmann, né en 1907 et disparu prématurément en 1977, fut élève de Devambez. Il a laissé une œuvre a priori connue des seuls amateurs et de ceux qui ont eu l’occasion de voir les fresques qu’il a réalisées dans divers établissements publics de Metz et les tableaux exposés dans le musée de la Cour d’Or. A ce titre son œuvre est rattachée à l’École lorraine mais Georges Schirmann a aussi réalisé des dessins pour diverses publications. Grâce au condisciple retrouvé, qui a eu la chance  de participer aux voyages d’études organisés par le lycée Charlemagne entre 1959 et 1962,  je viens de découvrir à mon tour l’œuvre de l’artiste, à travers les dessins qu’il a réalisés pour illustrer la couverture de chacun des programmes de ces voyages. Je pense rendre hommage au talent de Georges Schirmann en publiant un de ces dessins aussi méconnus que remarquables par l’équilibre et l’originalité de leur composition. Ils sont  déclinés sur un thème commun :  un personnage central au milieu  des spécialités des régions ou pays visités. Ici, il s’agit de l’Espagne.

Dessin de Georges Sschirmann (1962)

Dessin de Georges Schirmann (1962)

Les commentaires sont clos.