11 août 2014

Nous n’irons plus au bois couper les arbres de la forêt de tapia

Plus de deux mois se sont écoulés depuis le dernier billet consacré à Madagascar. Mon intérêt pour la Grande Ile (grande illusion ?) ne faiblit pas vraiment mais les raisons de me réjouir,  trop peu nombreuses,  expliquent en partie ce silence ; à vrai dire, je trouve plutôt des sujets de satisfaction en recherchant dans les faits du passé. Néanmoins, un événement récent vient de montrer que des Malgaches étaient en mesure de remporter la victoire dans une compétition sportive internationale : il ne s’agit que de pétanque mais quand une équipe nationale arrive en finale de la « Marseillaise »,   on ne peut passer cette performance sous silence. On peut même souligner que cette place a été atteinte pour la première fois par une équipe étrangère depuis 40 ans qu’existe le mondial d’une discipline généralement considérée comme un aimable passe-temps. Et pourquoi pas rappeler le score très honorable de 9 à 13 obtenu ce 10 juillet mémorable contre l’équipe marseillaise bon teint qui a remporté la victoire?

Cela dit, on aimerait que Madagascar se distingue de la sorte dans d’autres domaines et s’il est premier producteur mondial de vanille et de titane, on se demande pourquoi ces richesses et d’autres aussi, comme le saphir, ne parviennent pas à élever le PNB par habitant d’un pays qui reste malheureusement parmi les derniers de la classe (216e sur 235 en 2004). Un indicateur, éclairant si je puis dire, est significatif : celui de la consommation d’électricité par habitant en milliers de kWh; elle était de 47 (7474 en France) en cette même année 2004 !

D’après certains blogueurs pas tendres pour le nouveau Pouvoir, la corruption continue de sévir à Madagascar, cette corruption qui fausse la vie démocratique et économique du pays. On espérait que le nouveau Président de la République  montrerait  rapidement de quel bois il allait se chauffer. Il semble qu’il n’en a pas encore pris le chemin, à moins que cela ne se voie pas à cause de la lenteur de la démarche. Signe inquiétant des mauvaises habitudes qui perdurent, deux journalistes malgaches sont traduits en justice pour avoir accusé trois ministres d’être impliqués dans le trafic de bois de rose alors que ceux qui le pratiquent ne sont toujours pas inquiétés.

On ne se chauffe pas au précieux bois de rose mais avec les arbres de la forêt de tapia, cet écosystème endémique de Madagascar si important pour la survie de l’île. Les feux allumés volontairement et pour diverses raisons continuent de détruire cette forêt depuis que l’homme à mis le pied sur la Grande île. L’arrêt définitif de cette activité aussi ancestrale que destructrice était pour moi à placer dans les priorités du nouveau Gouvernement. Les satellites d’observation de la NASA continuent néanmoins d’observer et de cartographier ces feux.  Mis au service de la Justice, les données fournies par cet outil redoutable permettraient de traquer les incendiaires, de les arrêter et de les punir. Si l’eau éteint le feu, la négligence, le manque de volonté et les pots de vin ne le permettent pas…

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