7 octobre 2009

Blogueurs solitaires et solidaires

Explosion des statistiques de consultation de ce blog en octobre. En y regardant de plus près, je m’aperçois qu’elle est due en grande partie aux spams dont je faisais état dans la précédente note. Je ne m’étonne plus maintenant de voir que la Russie et l’Ukraine figuraient en bonne place dans le palmarès des « visiteurs » car les spams proviennent en majorité de ces deux pays. Que de temps perdu pour les expéditeurs qui s’imaginent que tout le monde lit les caractères cyrilliques! Tout ceci est sans intérêt pour les lecteurs habituels mais leur explique pourquoi il leur sera nécessaire dorénavant de s’enregistrer au préalable si l’envie leur prend de poster un commentaire sur l’une de mes notes…Je ne suis évidemment pas le seul à tenter de me soustraire à l’activité des pollueurs de tout poil qui déversent leurs ordures sur les blogs ou sur les sites web affichant une adresse en clair. Par ailleurs, en constatant que certains blogs dotés de « livres d’or » publiaient les adresses électroniques des intervenants, je comprends aussi pourquoi tant d’internautes se plaignent de recevoir des spams. Ces adresses constituent en effet de magnifiques cibles pour les spammeurs qui n’ont plus qu’à les enregistrer pour faire de leur titulaire leurs  futures victimes.
Une grande solidarité des blog- et webmasters s’exprime à travers les forums dans lesquels règne un bel altruisme mais où l’on perçoit aussi une certaine solitude des intervenants en quête d’une réponse à leur problème. On a l’impression qu’ils ne savent pas utiliser les ressources du web, comme au temps où n’existait que le papier et les journaux spécialisés du genre « l’Intermédiaire des chercheurs et curieux ». serait-ce parce qu’ils ont gardé leur vieux réflexes d’écrivailleurs à la plume?

Après cette mise au point technique, j’en viens à ce qui aurait dû être le seul sujet du jour : le Petit Nicolas (celui de Goscinny et Sempé!) et l’engouement quasi mondial (j’ai lu ça quelque part) que ce petit bonhomme suscite. S’expliquerait-il par l’écho qu’il rencontre en chacun des anciens et nouveaux lecteurs qui retrouvent leur enfance à travers ce personnage de papier? Pour me faire une idée, j’ai lu un extrait de ses aventures (Le Petit Nicolas en vacances) trouvé fortuitement dans un « vieux » manuel scolaire sur la « Communication et l’expression » destiné aux élèves de 3e préparatoire et à ceux de 2e année de C.A.P. * Le ton n’est pas sans rappeler celui de Robert Lamoureux dans ses sketches mettant en scène sa famille et notamment celui du fameux canard qui courait toujours. Je me trompe peut-être mais le style évoque assez bien l’époque où ces textes ont été écrits : la fin des années cinquante. Trop âgé alors pour m’intéresser à ce livre destiné aux enfants, je comprends l’impact qu’il a pu avoir sur les écoliers de ce temps et sur  ceux des générations suivantes car le contenu est en fait intemporel, comme le sont les souvenirs d’enfance de Marcel Pagnol : chacun peut y retrouver une partie de son vécu personnel,  enfin je le crois. Il me semble que le nombre important de blogs dans lesquels les auteurs consacrent une large part à leur jeunesse envolée s’inscrit dans cette démarche, le talent en moins. Je n’ai pas été le dernier à donner dans le genre mais évoquer ce temps lointain de l’insouciance constitue peut-être un antidote contre le vieillissement, même s’il ne s’agit que d’une illusion. (A suivre).

* Des mots et des images : communication et expression / louis Lasseur, Guy Talon, Claude Beylie ; préface de Jean-Roger Caussimon. - Paris : Foucher, 1982.

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