5 mai 2014

De retour d’Oxford

Je dois une explication aux fidèles de ce blog qui auraient remarqué mon absence au précédent rendez-vous hebdomadaire. J’étais à Oxford et je ne disposais là que d’une tablette bien utile au demeurant mais très peu pratique pour rédiger un billet avec WordPress. Une nouvelle fois je me suis senti réellement libéré de cette obligation quasi obsessionnelle de respect du calendrier qui, par moments, me rappelle les affres lycéennes de la dissertation pas rendue à l’heure ou l’inquiétude du journaliste qui n’a pas envoyé son papier à sa rédaction au jour J. Bref, le cœur léger, j’ai pleinement savouré mon séjour Outre-manche.

Massif de fleurs bleues

L’Angleterre est toujours un dépaysement et si les caprices du climat obligent à modifier parfois son emploi du temps, ils donnent aussi une raison de se réjouir, en particulier pour les bienfaits de la pluie sur la nature ; la luxuriance printanière des parcs et des jardins, très nombreux à Oxford, fait presque douter des effets néfastes du réchauffement climatique à cette latitude. Les balades dans les rues de la ville sont toujours l’occasion de vérifier que la civilité proverbiale des Anglais au volant n’est pas encore surfaite. Ceux que j’ai observés à Oxford démontrent qu’on court sans doute moins de risque de se faire renverser par une voiture sur un passage pour piétons que dans les pays « latins ». A condition évidemment de regarder de droite à gauche avant de traverser car là est le danger pour la plupart des Européens et autres touristes venant de pays où l’on roule à droite ! Si l’Espagne détient le record du nombre de piétons décédés dans un accident (15,7 morts pour un million d’habitants) je crains que dans des villes comme Le Caire ou Antananarivo, le nombre des morts ne soit encore plus élevé…J’ai pu y constater la conduite automobile agressive et par conséquent combien il est périlleux de traverser à un carrefour quand les feux tricolores ne sont pas respectés et a fortiori hors des clous…

Dans tous les pays où la voiture est omniprésente, les automobilistes - qu’ils conduisent à gauche ou à droite - sont confrontés au même problème des bouchons. Il faut le flegme britannique pour supporter l’attente interminable dans les files de véhicules agglutinés sur les autoroutes à plusieurs voies convergeant vers Londres au petit matin. Cette perte de temps quotidienne est sans doute rendue supportable, pour certains habitants, par le plaisir du retour dans leur « sweet home » le soir. Une rue de Headington (Oxford) en hiverAh ! Qu’elles sont agréables à vivre ces grandes ou petites maisons avec bow-windows qu’aucun volet ne vient occulter. On s’y sent paradoxalement plus à l’abri que dans les pavillons des banlieues françaises bardés de persiennes et de volets métalliques. Cette tradition de confiance partagée, que l’on retrouve dans d’autres pays anglo-saxons, induit un réel sentiment de sécurité.

Je termine en évoquant une autre tradition que ce bref séjour à Oxford m’a permis de découvrir: les Morris dances. Le samedi 26 avril, le hasard a voulu que j’assiste à plusieurs représentations données dans les rues par ces groupes de danseurs vêtus de costumes chamarrés et tintinnabulants. Les exécutants de certains ensembles avaient passé leur visage au noir de fumée. La courte vidéo faite à cette occasion dans la High Street donne un bref aperçu de ces danses pittoresques. De nombreuses autres démonstrations figurant sur le web, j’invite les internautes à les visionner. Les racines de cette tradition vieille de plus de cinq siècles sont pour le moins inattendues. Quand on apprend que « Morris » est une déformation de Moorish, on a forcément envie d’en savoir plus sur le sujet…

Morris dancers en action à Oxford (26 avril 2014). Vidéo © Claude Razanajao

1 commentaire à De retour d’Oxford

  • Nick Hole

    Remarquables ces Morris dancers. Ces British sont vraiment surprenants. Je l’ai toujours pensé. Merci pour ce morceau d’ethnologie.N.