23 septembre 2009

Femmes au pouvoir, femmes de pouvoir

Pour la première fois de puis la création de l’Unesco, une femme est nommée à la tête de cet organisme. Irina Bokova, la Bulgare, l’a donc emporté sur Farouk Hosni. l’Égyptien. Bien que favori déclaré de « Paris » pour des raisons géopolitiques, ce dernier doit sans doute sa défaite à ses déclarations antisémites passées. Mais ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est de voir qu’une fois encore une femme se hisse au premier rang dans une fonction et à un poste qui jusqu’à présent n’avait été occupé que par des hommes ; elle s’ajoute ainsi à la longue liste de celles qui ont gagné du terrain dans la lutte pour l’égalité hommes/femmes, sujet que j’ai évoqué plusieurs fois sur ce blog et ailleurs .

Je ne sais rien de la personnalité d’ Irina Bokova mais je suis persuadé qu’elle doit sa victoire à ses compétences et qu’elle est une femme épanouie. Ardent soutien du sexe dit faible dans son combat pour l’égalité, je me réjouis de cette victoire mais je n’en reste pas moins critique quant aux défauts que l’on peut constater chez certaines autres de ses représentantes : la méchanceté et la bêtise. Ces défauts ne sont bien sûr pas l’apanage des femmes mais ils se remarquent dans des situations bien précises et pas seulement dans les milieux professionnels où les petits chefs en jupons peuvent exercer un sadisme comparable à celui de leurs homologues masculins. Je m’empresse d’ajouter que ces personnes ne sont pas foncièrement responsables de leur caractère mais un travail en profondeur permettrait de corriger ces défauts.

D’abord la méchanceté. Elle est souvent présente dans les maisons de retraite. Des parentes qui s’y trouvaient avant de disparaître ou d’autres qui s’y trouvent encore décrivent une situation récurrente : des femmes âgées autoritaires font la loi parmi les pensionnaires : elles donnent leur avis sur tout, tranchent, créent des conflits de personnes et par leur tyrannie coupent l’appétit de certaines autres femmes qui redoutent même de venir prendre leur repas dans la salle commune. Ces acariâtres sont mal dans leur peau - elle ne le savent pas elles-mêmes - mais elles font subir aux autres les souffrances et les déconvenues rencontrées au cours leur vie.

Autre exemple observé dimanche dernier sur un marché parisien qui n’avait rien à envier en terme de surpopulation aux marchés du Midi évoqués cet été. Une jeune femme avec une poussette a heurté par inadvertance le pied d’une dame pas si vieille que ça ; le ton monte. La seconde, avec son visage dur, reproche agressivement à l’autre, rouge de confusion, de circuler avec son bébé dans les allées, étroites il est vrai, de ce marché du Boulevard Richard-Lenoir. Au cours de l’échange, j’entends la plus âgée dire : « Oh, les enfants, je sais ce que c’est ; j’ai déjà donné! ». Cette réplique méchante en dit long sur le vécu passé d’une dame qui ne s’est sans doute jamais remise en question…

La bêtise maintenant ; elle commence jeune et se transmet de génération en génération quand des influences extérieures ne viennent pas corriger le défaut. Nous sommes dans un autobus cette fois ; une jeune mère qui parle assez fort pour montrer combien elle est fière de son marmot un peu turbulent dit à ce dernier :
- C’est le dessin que tu as fait à l’école?…
- Oui.
- Il y a pas beaucoup de couleurs…
Au lieu de féliciter son enfant, la mère le critique pour une absence de couleurs qui reflète sans doute l’état d’esprit du gamin. Plus tard, cette mère reprochera à sa progéniture de ne pas être premier de la classe ou dans les premières séries s’il pratique le tennis mais à qui la faute? Les encouragements des parents sont un meilleur adjuvant que les reproches systématiques pour favoriser l’épanouissement personnel de leurs enfants ; mais combien de parents pratiquent cette règle? Les brillantes réussites doivent beaucoup à la qualité de l’environnement psychologique familial mais là j’enfonce de nouveau des portes ouvertes depuis longtemps.

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