27 janvier 2014

Vraie histoire de faucon...qui s'avère être un épervier!

pigeons sur l'île de la Cité

pigeons sur l'île de la Cité. Photo © Claude Razanajao

Cette histoire d’oiseaux se passe à Paris. Je la dédie à Evelyne L***, qui a une sainte horreur des pigeons, car ces volatiles grégaires quelque peu envahissants jouent ici les seconds rôles. Faute d’avoir trouvé mieux, je reprends le cliché des deux pigeons s’aimant d’amour tendre, qui furent heureux et eurent beaucoup d’enfants, à un point tel qu’ils sont une nuisance permanente pour les monuments de Paris et d’ailleurs tagués de leurs fientes. La littérature évoquant les solutions pour lutter contre leur prolifération incontrôlée fait état de fauconniers lâchant des faucons apprivoisés sur les lieux où les premiers abondent, c’est-à-dire les places et les jardins publics, partout où des âmes charitables compensant la grande solitude de leur quotidien donnent à manger à ces oiseaux qui savent pourtant se débrouiller tout seuls pour se nourrir.

Pigeons perchés sur un toit de Paris. Photo © Claude Razanajao

Pigeons perchés sur un toit de Paris. Photo © Claude Razanajao

Les faucons n’ont pas besoin d’être dressés pour attaquer les pigeons et en faire leur ordinaire. Il apparait que ces prédateurs ont désormais trouvé à Paris un terrain de chasse à la mesure de leur appétit. En 2011, un couple de faucons pèlerins était signalé en haut des 130 mètres de la cheminée d’une usine du chauffage urbain du quinzième arrondissement. Trois ans plus tard, des couvées semblent avoir essaimé naturellement et trouvé chacune leur propre territoire. L’un des deux pigeons qui faisaient halte sur le garde-fou côtoyant les cheminées d’un immeuble du Boulevard Saint-Martin (10e arrondissement) en a peut-être fait les frais. Depuis quelque temps, l’occupant d’un petit appartement situé sous les toits ne les voyait plus ensemble, roucoulant au soleil sur leur perchoir habituel.

Épervier à Paris en janvier 2014

Épervier à Paris en janvier 2014. Photo © Julien Razanajao

Et puis le 22 janvier dernier, rentrant chez lui en milieu d’après-midi, ce Parisien surprend un drôle d’oiseau perché sur la rambarde de la fenêtre de sa cuisine, un oiseau nettement plus gros qu’un pigeon. Sans s’attarder à examiner ce qu’il pense être un rapace, il saisit discrètement son téléphone et prend une série de photos ; l’animal, percevant une présence derrière la vitre, a alors pris son envol. Examinant les photos, notre chanceux a compris qu’un faucon pèlerin était venu faire une halte digestive après son déjeuner, comme en témoignaient les reliefs de son repas accrochés à ses serres. Les plumes éparses jonchant la gouttière indiquaient qu’un autre oiseau venait d’être consommé à proximité.

Lorsqu’on aperçoit un faucon pèlerin dans les parages, on peut en déduire qu’il est membre d’un couple. On imagine aussi la suite de l’histoire : une couvée proche, dans le temps et l’espace, bientôt prête pour renforcer ce contrôle naturel des populations de colombidés de la capitale. Quand elles verront un de ces faucons fondant sur sa proie, les âmes sensibles s’indigneront sans doute. Il faudra bien qu’elles s’habituent à l’idée que les oiseaux ne sont pas tous granivores et que les lois éternelles de la nature s’appliquent aussi au sein de la gent ailée vivant en milieu urbain…

Pigeons perchés sur un arbre à Paris. Photo © Claude Razanajao

Pigeons perchés sur un arbre à Paris. Photo © Claude Razanajao

Six mois ont passé. Nous sommes maintenant en juillet 2014 et j’apprends d’un lecteur bien informé que le faucon décrit dans ce billet est en fait un épervier! Son rectificatif donne de précieuses informations sur ce qui différencie faucons et éperviers…

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