16 décembre 2013

« Métisse France 2014 »

En créant ce blog, je n’aurais jamais imaginé que j’aborderais un jour la question de l’élection de Miss France. L’actualité m’y oblige, après les réactions d’une minorité de « bons Français » mécontents des résultats. Parce que l’heureuse élue n’a pas que du « sang européen » dans les veines, ils expriment leur désaccord, anonymement comme il se doit sur le Web, en des termes puant le racisme. Dans un éclat de rire, Flora Coquerel dit ne pas vouloir porter plainte. C’est son droit mais à chaque manifestation publique de racisme, tous ceux qui le peuvent doivent allumer un contre-feu, pour assainir l’atmosphère. Le critère de sélection des candidates est la beauté ; ces gens qui auraient souhaité l’élection d’une Bretonne ou d’une Auvergnate pur jus n’ont pas encore compris que les résultats sont le reflet d’un choix collectif, traduisant une absence de racisme du corps électoral. Les insultes vomies sur l’élue montrent obstinément, et on le déplore, que le racisme – même s’il est récurrent en France - n’est toujours le fait que d’une frange de la population, sans doute la plus bête et/ou la moins instruite. Malheureusement, certains médias donnent chaque fois un retentissement démesuré à ces outrances qui ternissent l’image du pays.

La Miss France 2014, est l’exemple même de la beauté de certains métis évoquée ici et si bien résumée par Gaston Kelman dans « Je suis noir et je n’aime pas le manioc » (1), un livre que je découvre tardivement et qu’il faut lire, même si l’on peut ne pas partager tous les points de vue de l’auteur. J’y ai retrouvé des situations que j’ai moi-même vécues (j’en ai décrit certaines dans ce blog), sans avoir jamais été confronté toutefois à la haine violente exprimée à l’encontre d’une Christiane Taubira hier et de la nouvelle « Négresse » élue aujourd’hui. La jeune Flora Coquerel va recevoir à son tour, comme Sonia Roland, Miss France 2000 injuriée pour ses origines « exotiques », des flots de courriers racistes, comme Rama Yade encore, si belle elle aussi (mais qui ne concourt que pour les postes politiques) ou encore Kofy Yamgnane en son temps et d’autres que je ne peux pas tous citer mais dont je salue le courage. En effet, il n’est pire situation que celle d’être exposé sous les feux de l’actualité quand occupe des fonctions publiques et qu’on ne correspond pas à la « norme »; la populace a tôt fait d’essayer de vous dégommer. Dans ce jeu de massacre, elle se déchaine encore plus quand la cible est un tant soit peu noire; allez savoir pourquoi

1. Max Milo Éditions, 2004. Collection 10-18 “Fait et cause”.

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