30 janvier 2013

On reprend tout à zéro !

L'homme au portableCette belle résolution d’année nouvelle, je l’ai entendue hier après-midi en pleine rue. L’homme qui la prenait, au téléphone, serrait certainement son portable un peu trop sur son oreille pour se rendre compte qu’il parlait fort. Tous les passants pouvaient suivre son monologue, du moins ceux qui n’avaient pas eux-mêmes leur prothèse « audio-affective » à l’oreille. Je rigole en voyant déambuler cette nouvelle espèce d’humains la main plaquée contre la tête et soliloquant comme des délirants ; je fais attention quand j’en croise un ; il faut veiller à s’écarter de leur chemin car ils avancent rapidement, tête baissée ou le regard vague ; rien ne les arrête, sauf parfois la voiture qui pile devant eux quand ils traversent une rue sans faire attention. Les alertes de l’OMS sur la dangerosité des portables ne semblent avoir aucun effet sur l’homo telephonicus publicus impudicus qui étale ainsi sa vie privée dans la rue et dans les transports en commun, TGV « esprit zen » y compris. Tant mieux si la sélection naturelle doit se faire via les portables !

Le téléphone portable n’a pas seulement changé les comportements et les relations entre individus. Depuis qu’il est systématiquement doté d’un système de prise de vues, il devient aujourd’hui outil de création artistique ! Le programme d’un atelier culturel de réalisation de « Pocket films »proposé aux étudiants et aux personnels d’une université du sud de la France est éloquent : « le téléphone portable peut déterminer de nouvelles conduites créatrices et favoriser d’autres formes d’expression ». Même si l’ « on ne filme pas avec un téléphone portable comme on filme avec une caméra », attendons-nous à voir un jour récompensé, à Cannes, à Venise ou New York, le premier long métrage entièrement réalisé avec un téléphone portable. L’évolution humaine n’a pas encore atteint ses limites ; l’audiovisuel (idiot visuel ?) non plus.L'homme au téléphone

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