21 novembre 2012

Ciné, cinéma, ciné… Madagascar : c’est le festival !

Faudra-t-il clamer ou slammer à longueur de temps sur le Web un slogan du genre «Dubo, Dubon, Dubonnet » pour que la visibilité du cinéma malgache ne soit pas complètement masquée par le film qui s’est abusivement paré du nom d’un pays qui n’avait vraiment pas besoin de cette concurrence déloyale ? Cette mascarade (eh oui, dans Madagascar on voit poindre « mascarade ») a de quoi irriter les cinéphiles mais, patience ! La déferlante médiatique s’éteindra et l’engouement du public s’essoufflera. A moins que ne se préparent encore et encore d’autres épisodes d’une saga de grosses bébêtes voyageuses qui n’en finit pas. Il ne faudrait quand même pas que la pompe à fric se désamorce trop tôt !

Aux défenseurs du cinéma malgache, donc, de parler des films produits à Madagascar (mais aussi ailleurs) et de leurs réalisateurs, de telle sorte que les publics français et européen le découvrent plus largement et qu’il ne se réduise pas aux amateurs passionnés qui fréquentent le Festival du film insulaire de Groix.

Le seul mérite du film “Madagascar” aura été de mieux faire connaître les lémuriens, au point que La Warner Bros ait décidé de tourner un film sur Madagascar!

Sur le plan intellectuel, le cinéma malgache présente certainement plus d’intérêt que le film « Madagascar ». Ce dernier s’adresse surtout à un jeune public dont on espère, soit dit en passant, voir son esprit critique se développer et s’affirmer rapidement. Il faut souhaiter aussi que la majorité des jeunes réalisateurs se réclament plus d’un François Truffaut, comme Limby Maharavo en son temps, que des faiseurs de films commerciaux américains. Il n’est cependant pas facile d’élever le niveau des masses populaires peu enclines à apprécier des plats autres que les soupes ou ratatouilles servies habituellement par les grandes firmes cinématographiques. Je me souviens très bien de la réflexion d’un Malgache sur le cinéma français lors d’un déjeuner dans un restaurant près du rova d’Ambohimanga : « Dans les films français, on voit tout le temps des gens à table »…Ce jeune homme, issu d’un milieu modeste, préférait le cinéma américain et les films de Kung Fu dans lesquels l’action prime…

Après Madagascar ( l’île), vue à travers le cinéma mondial et après l’évocation de l’avenir du cinéma malgache, ce troisième et dernier volet se propose de compléter, avec quelques liens supplémentaires, la revue de presse commencée dans les précédents. Ainsi, il est encore temps de signaler l’important festival du film malgache qui se tient à Toulouse le 23 novembre prochain, c’est-à-dire dans deux jours. Ce « Voyage à Madagascar » est organisé par le Collectif d’artistes autogéré Mix’art Myris dans le cadre de la 21e édition du festival « Séquence court-métrage » et c’est la première fois qu’un programme est entièrement consacré au cinéma malgache dans un tel festival. La semaine suivante, le 30 novembre et le 2 décembre - à Linz, en Autriche - seront projetés les films Mahaleo et Angano…Angano, dans le cadre du « Madagaskar Filmtage ». Ces événements montrent que Madagascar et le cinéma peuvent faire parler d’eux sous toutes les latitudes et il est bon que l’information soit relayée. C’est pourquoi je signale une liste des noms des jeunes réalisateurs malgaches évoqués dans ces trois billets consacrés au cinéma de Madagascar ; elle trouve sur un compte rendu des « Rencontres du film court » de 2011. Il faut aussi citer les noms des réalisateurs auxquels les précédents sont redevables et qui ont disparu de la scène récemment. Ainsi, Solo Randrasana, qui lui aussi a produit un film sur l’insurrection de 1947, et Limby Maharavo se sont éteints l’année dernière, trois ans après Hery Rasolo, parti le 21 septembre 2008…

Madagascar, ce nom mystérieux a séduit et continue de séduire. Il est donc le titre d’un film d’animation qui a ravi la vedette au pays. Accompagné de sa cohorte de petits personnages devenus produits dérivés, ce film crève les écrans du monde entier. Les royalties tombent dans les tiroirs caisse, à tous les échelons. Le phénomène est classique mais on observe aussi sur le Web l’apparition de ce que j’appelle les « rémoras du web », à savoir ces individus qui ont compris combien était devenue vendeuse l’appellation « Madagascar » ou les mots à forte connotation malgache. Et de lancer sur le marché des produits baptisés ou contenant de tels noms dans leur intitulé. Même si ces produits n’ont aucun rapport avec Madagascar, ils sont sûrs de faire un « tabataba » ! Il ne faudrait surtout pas que les Malgaches se privent de cette manne et négligent de mettre eux aussi sur le marché de tels produits à forte valeur ajoutée. En effet, si le mot Madagascar est porteur pour les commerçants étrangers, il doit l’être tout autant pour les Malgaches et ce ne serait que justice.

Madagascar - mascarade

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