10 octobre 2012

Clichés furtifs parisiens

Voilà deux semaines que je n’ai pas acheté le « Canard enchaîné » ! Foin de l’actualité déprimante et son lot d’assassinats politiques ou crapuleux quotidiens tous azimuts, le billet du jour sera automobilistique ou ne sera pas ! Qu’on se rassure, il ne s’agit pas d’une chronique automobile mais de courts commentaires autour de photos de voitures prises au hasard de promenades plus ou moins récentes dans les rues de Paris. Si l’apparition des téléphones permettant de photographier à tout bout de champ (de vision) a grandement modifié le comportement de pas mal de gens, j’ai toujours emporté avec moi un appareil me permettant de fixer des scènes ou des objets dignes d’intérêt. Les véhicules qui suivent sont de ceux-là car ils évoquent les souvenirs, le rêve ou suscitent la réflexion.

Une Deux chevaux à ParisEn la voyant sagement garée devant la confiserie de la rue des Archives, je me suis demandé si la belle Deux CV fraichement repeinte en deux tons appartenait à l’occupant du magasin. Ses deux couleurs évoquent évidemment le chocolat et, chaque fois que je vois une 2 CV remarquable, je pense à celle – banalement grise - qu’on m’a volée dans les années 70 et à cette autre – une 2 CV – six, beige - qui a terminé sa carrière emboutie par un chauffard qui doublait alors que mon épouse et un de nos fils arrivaient dans l’autre sens. Contrairement à la voiture, ils eurent plus de peur que de mal mais un tel accident peut faire l’objet de cauchemars récurrents.

Fiat 500 avant et aprèsLes fiat 500 « avant et après », photographiées dans une rue non identifiée du 5e ou du 6e arrondissement (on oublie souvent de noter le contexte d’une photo) montrent bien la différence de gabarit entre le modèle original et son clone sorti récemment, avec un succès rappelant celui qu’a rencontré le premier. Évidemment, chaque fois que je vois une ancienne Fiat 500, surtout quand elle est rouge, je n’oublie pas que le modèle qui sortait à la fin des années 60 fut aussi notre première voiture neuve. Qui sait si le nouveau modèle ne sera pas ma dernière, un de ces jours…

Limousine americaine à ParisLes lieux de stationnement interdits sont les seuls endroits possibles à Paris - et ailleurs - pour les limousines américaines surdimensionnées. On les voit plus souvent dans les rue de New York que sur les grands boulevards parisiens (ici, près du Musée Grévin). La longueur inhabituelle du véhicule permet de comprendre que la notion de village médiéval aux rues étroites n’évoque sans doute rien pour les constructeurs de ces voitures de rêve ou de cauchemar.

Rolls-Royce à ParisCauchemar ou rêve encore, avec le banquier (supposé) à bord de la Rolls Royce qui arrivait justement dans le quartier des banques (carrefour Richelieu Drouot). On peut imaginer que l’ « heureux » propriétaire du véhicule un peu daté suivait les cours de la bourse au téléphone, ce qu’il avait le droit de faire puisque c’est son chauffeur qui conduisait.

Une Duesenberg  (?) à ParisLe chauffeur au volant de l’extravagant coupé circulant ce soir là dans la rue de Bretagne (j’essaye de l’identifier : un modèle moderne inspiré d’une Cord mâtinée de Duesenberg  des années 30?) rêvait peut-être de posséder en propre ce type de voiture qu’affectionnait Gary Cooper. Mais était-elle en location ? Un modèle pouvant aussi plaire à la gente [sic] féminine, comme l’écrivait naguère le rédacteur d’une revue automobile à propos d’une petite voiture (Il devait penser aux roues). Cette graphie fautive est fréquente ; je l’ai rencontrée aussi sous la plume d’un critique de Télérama…

Autobus parisienHeureux chauffeur de l’autobus parisien sorti du musée (pas du Louvre, devant lequel il ne fait que passer) lors d’une journée du patrimoine. Sans doute lui fallait-il être suffisamment musclé pour manœuvrer le volant de cet antique véhicule. Au temps où ce bus était en service, le passager retardataire devait aussi avoir du jarret pour le rattraper et monter à la volée sur l’inoubliable plate-forme ouverte à tous les vents et permettant de griller une cigarette ou de fumer sa pipe. Ferais-je déjà, moi aussi,  partie des antiquités ?

Les commentaires sont clos.