12 septembre 2012

Lycée Charlemagne et Jules Grisot

La rentrée, dans le contexte scolaire, est un événement qui ne s’oublie pas et, si j’en juge d’après les réactions nocturnes et tapageuses du jeune fils des voisins du dessus, elle peut être source de terribles cauchemars. C’est pourquoi j’ai encore envie de parler du lycée Charlemagne (de Paris), non pour donner de nouveaux souvenirs personnels mais pour évoquer la carrière d’un autre professeur. Celui-ci enseignait au lycée dans le dernier quart du 19e siècle. Dans un billet précédent, j’ai donné la référence d’un recueil de morceaux choisis d’auteurs français (prose et poésie) publié par un certain M[onsieur] Grisot (1). La page de titre et celle de couverture de l’ouvrage précisent que l’auteur était professeur à Charlemagne. J’ai voulu en savoir plus sur cet enseignant dont le nom, comme celui de beaucoup de ses confrères - Lagarde et Michard entre autres – est associé à un manuel scolaire. J’imagine qu’à l’époque quantités d’élèves ont entendu leur instituteur ou leur professeur de français leur dire : « Prenez votre Grisot » car ce livre, d’abord destiné aux élèves de classe de 8e et de 7e, a connu diverses moutures à l’usage de classes du secondaire et il a fait l’objet de nombreuses rééditions entre 1878 et 1892.

Le Web s’est avéré être, une fois de plus, un outil bien commode évitant d’avoir recours aux diverses sources d’archives imprimées. Ainsi le catalogue général de la BNF en ligne, dont la consultation est indispensable dans ce type de recherche, m’a permis d’identifier les différentes éditions de l’ouvrage et les Archives nationales m’ont appris que ce « M. Grisot » se prénommait précisément Jules Pierre Michel (2) tandis qu’une autre source indiquait qu’il était né à Perpignan en 1833 (3). Grâce à un annuaire en ligne, j’ai appris aussi où habitait le professeur lorsqu’il enseignait à Charlemagne ; il logeait au 8 de la rue de Rivoli (4), ce qui lui permettait d’aller à pied et en quelques minutes au lycée tout proche de chez lui. Enfin, un journal indiquait que Jules Grisot était à la retraite en 1903 et qu’il s’était alors retiré dans sa ville natale…(5). Je n’ai pas trouvé de portrait du professeur mais je suis certain que des photos sont conservées dans les archives familiales. Gageons que l’une d’entre elles est reproduite dans la presse locale du temps. La numération de celle-ci révèlera bien celle-là un jour.

Ce billet présente peu d’intérêt pour le lecteur habituel de ce blog mais ce petit exercice se veut aussi pédagogique. Les questionneurs du Web confrontés à des problèmes de méthodologie et qui omettent d’exploiter, comme je l’observe souvent, certaines des sources que j’ai citées en tireront peut-être quelque profit. Quant à ceux qui affirment ne rien trouver sur le Web, cette petite démonstration, sans doute incomplète, devrait les convaincre du contraire.


Grisot: Morceaux choisis d'auteurs français
1 Morceaux choisis d’auteurs français (prose et poésie) à l’usage des classes élémentaires et des classes de grammaire, par M. Grisot,… Classe de 8e et de 7e. 10e édition . – Paris : E. Belin, 1884.
2. Archives nationales (Paris). Dossiers.
3. Catalogue général de la librairie française… par Otto Lorenz…. [1], [Tome I-XI] - 1876-1885 A-H.
4 Annuaire de l’Association pour l’encouragement des études grecques en France.
5. Journal des instituteurs, n. 38, 14 juin 1903. et repris de : Bulletin départemental des Pyrénées-Orientales.

Les commentaires sont clos.