19 janvier 2012

Age du verbe : verbiage ?

Saint-vincent-de-paulLa période qui précède et qui succède aux réjouissances des fêtes de Noël et du Jour de l’An est pour beaucoup de gens l’occasion de réfléchir à tous ceux qui ne participent pas à ces moments d’un bonheur un peu surfait. Le nombre de SDF observés à l’entrée  de ces nuits festives font réfléchir à ce que fut l’enfance de ces déshérités, souvent de jeunes clochards qui rejoignent les anciens sur un coin de trottoir. Quels Noëls ont-ils connus dans un foyer où la mésentente régnait, où l’argent manquait déjà et où ils recevaient des coups? Ces interrogations ramènent forcément aux promesses non tenues par les divers candidats à la présidence pendant leur campagne électorale et plus particulièrement à celles d’un Lionel Jospin, qui, en 2002, promettait d’atteindre l’objectif zéro SDF en 2007 et celles d’un Nicolas Sarkozy qui, cette même année, tenait un discours semblable « Je veux, si je suis élu président de la République, que d’ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid. »

La misère noire à Paris (1833)

La misère noire à Paris (1833)

Cette lithographie de Jeanron a été imprimée en miroir, par rapport au tableau réalisé par l’artiste la même année et conservé au Musée des Beaux-arts de Chartres.

Pourquoi ces promesses ne sont-elles jamais tenues ? De tous temps ont été menées des actions pour soulager la misère et sans effet d’annonce ; quand un homme inspiré consacrait sa vie à aider les malheureux. Au dévouement remarquable d’un Vincent-de-Paul en son temps a répondu en écho, plus près de nous, l’engagement d’un Abbé Pierre, d’un Coluche ou d’un Emmanuelli et de tous ces anonymes religieux ou laïcs qui, à la mesure de leurs moyens, ont essayé de prendre le problème à bras le corps. Ils ont certes pansé les plaies mais ils n’ont pas guéri. Parce qu’ils n’ont jamais pu traiter ce problème à sa racine. Ils se sont attaqués aux effets. mais pas aux causes. Seul un pouvoir politique déterminé à agir réellement sur le plan éducatif et social pourrait avoir une chance de le résoudre mais annoncer qu’on prendrait aux riches pour donner aux pauvres n’est pas une recette payante sur le plan électoral. De surcroit, aucun gouvernement n’a envie de jouer les Saint Martin. L’augmentation auto-décidée et arbitraire de son salaire par le président de la république dès sa prise de fonction augurait mal de l’avenir et les perspectives sont plus sombres que jamais pour nombre de familles qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts.

La force du verbe ne laissera jamais d’étonner et l’on peut déplorer qu’il importe peu, pour une partie des électeurs, que les actes annoncés par les candidats lors de leurs promesses électorales ne soient que des mots ; ils sont prononcés avec tant de conviction ! Cette situation est le propre des sociétés humaines, inégalitaires par essence. Pour se donner bonne conscience, chacun continuera donc d’y aller de son aumône, dans les cas les plus pathétiques.

La bienfaisance à Paris

« La Bouchée de pain » - Pauvres attendant la distribution à la porte de l’œuvre caritative

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Potage à la reine
Potage printanier aux quenelles de volaille
Croquettes à la Villeroi
Saumon sauce genevoise garnie d’éperlans
Bœuf braisé à l’allemande
Dindes truffées sauce périgueux
Croustades de riz à la polonaise
Barbue sauce hollandaise garnie de laitances
Daims et chevreuils sauce groseille Faisans à la bohémienne
Poularde à l’anglaise Suprêmes de volaille aux pois nouveaux
Filets de perdreaux aux truffes Foies gras à la financière
Côtelettes d’agneau macédoine.
Aspics de filets de sole sur socle.
Cailles en chaud-froid
Poulardes rôties
Faisans rôtis.
Asperges en branches sauce hollandaise.
Macédoine de fruits.
Caroline.
Truffes au vin de champagne.
Pains de pêches à la parisienne.
Plumpouding à l’anglaise.
Meringues aux amandes. Biscuit glacé au chocolat.
Croque en bouche de mandarine.
Sultane à la française.
Deux fontaines.
Quatre petites pièces de pâtisserie sur socle.
Croquantes d’abricots à la moderne.
Portugais garni d’une orangeade.
Nougats à la parisienne.
Timbales de gaufres

C’était le menu du mariage du Baron Gustave de Rothschild (1858).

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