27 juillet 2011

Trains à vapeur touristiques : toutes les lignes n’ont pas la pêche

L’inconcevable massacre survenu en Norvège et les raisons invoquées par son auteur, en lequel certains autres déviants sociaux voient un défenseur de l’Occident, fait désespérer de l’humanité et me donnent envie de me retirer dans un monastère. Ce que je ne ferai pas bien sûr. Ce descendant de Viking aurait-il gardé dans ses gènes la barbarie de ses lointains ancêtres qui ont mis à feu et à sang les pays proches ou lointains de la Scandinavie ? Les colonies de ces conquérants agressifs ont fini par s’intégrer en Europe et ne restent de ces envahisseurs que des noms, le teint pâle de certaines peaux, des yeux bleus, des chevelures plus ou moins blondes et vraisemblablement quelques coutumes. Où qu’elles se trouvent, les populations immigrées sont appelées à se fondre dans la masse de celles qui les accueillent car elles adoptent tôt ou tard les valeurs de ces dernières. Quand certains tenants de la « pureté raciale », quelle belle farce, auront compris cela, ils pourront changer leurs slogans politiques. Mais ils ne veulent pas, préférant attiser la haine de ceux qui ne savent pas et qui ont peur de l’immigré, surtout s’il vient des pays du Sud.

Paradoxalement, ce n’est pas de ce grave problème que traitera ce billet mais d’un sujet bien éloigné : les trains touristiques et la Norvège me donne l’occasion de l’aborder. Ce pays offre en effet un très bon exemple de réussite en la matière : Le tronçon de ligne de 20 kilomètres qui joint Flåm, petite ville sur les rives du Sognefjord - le plus long fjord norvégien - et la ligne Oslo-Bergen. Les convois ne sont pas tirés par des locomotives à vapeur mais par de puissantes motrices électriques car la ligne est extrêmement pentue (5%). Cette ligne, aménagée entre 1923 et 1944 au prix de nombreuses prouesses techniques, n’ayant plus l’intérêt économique que sa construction avait nécessité a su se reconvertir et est devenue le lieu de passage obligé pour les touristes, notamment en voyage organisé. La beauté des paysages traversés vaut réellement le détour.

Le Flåmsbana (2007)

Le Flåmsbana (2007)

De tels trains touristiques ont toujours les faveurs du public, surtout lorsqu’ils sont tractés par des locomotives à vapeur plus ou moins antiques. On dénombre 80 de ces trains en France mais tous ne connaissent pas la pérennité et le succès du Train à vapeur des Cévennes (TVC) qui fêtera ses trente ans d’activité en 2012. Du mode associatif qui était le sien à l’origine, il est passé au statut de société commerciale, je le rappelle, et c’est sans doute ce qui lui a permis de survivre et de se développer continûment.

Dans l’attente du TVT (1982)

Dans l’attente du TVT à Champigny-sur-Veude (1982)

D’autres lignes n’ont pas eu cette chance, par exemple celle qui en Touraine relie Richelieu et Chinon. Quelques photographies retrouvées que j’avais prises il y a trente ans m’ont fait m’interroger sur ce qu’était devenu ce charmant train à vapeur touristique qui, hormis les paysages traversés, ressemble fort au TVC. Une recherche sur le Web m’a appris que le Train à vapeur de Touraine (TVT) avait malheureusement cessé de circuler en 2004.

La 040-TA-137 tractant le TVT en 1982

La 040-TA-137 tractant le TVT en 1982

L’association qui gérait cette ligne veille sur le matériel ferroviaire au repos forcé. Je souhaite à ses animateurs de rencontrer des élus sensibilisés au problème des transports collectifs, comme l’est le maire d’Alès qui veut créer une « étoile ferroviaire » autour de sa ville. La circulation de trains entre les diverses agglomérations du département faciliterait les déplacements des habitants du Gard, sans nuire aux intérêts du TVC sur le tronçon que la CITEV exploite. Dans cet esprit, j’avais suggéré, sans être entendu, des tarifs privilégiés pour les habitants des communes desservies par ce train touristique. Je suis assez satisfait de voir que les propositions d’hurluberlus, hier le TVC aujourd’hui les « étoiles ferroviaires », ne relèvent pas du domaine du rêve ou du folklore.

Écho du Gardon, numéro 30

Les vœux de décembre 1981

Des pans entiers du réseau ferroviaire français ont été démantelés pour des raisons conjoncturelles de rentabilité. Le dynamisme des passionnés de la vapeur et des chemins de fer anciens a permis de nombreux sauvetages. Dans le contexte futur de pénurie de carburants fossiles qui ne s’accompagnera pas nécessairement d’une diminution de la circulation automobile, le chemin de fer connaîtra un renouveau et les régions où l’on a déposé des kilomètres de voies ferrées seront comme les nombreuses villes qui, au 19e siècle, ont refusé le passage de ces voies sur leur territoire. Dans un même ordre d’idées, le renouveau des tramways dans les grandes agglomérations où ils avaient été supprimés est un signe qui ne trompe pas.

Locomotive haut le pied (de nez)

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