20 juillet 2011

Oui, la Musique subsistera!

La levée de boucliers de nombreux internautes mélomanes et auditeurs de France musique contre la décision d’Olivier Morel-Maroger, nouveau directeur de cette chaîne de radio, de se « séparer » de Gaëtan Naulleau atténue ma tristesse. On se sent ainsi moins seul à déplorer ces choix iniques (encore le fait du prince ?) qui affectent chaque remaniement de la grille des programmes. Je ne vais pas ressasser mes critiques, d’ailleurs proches de celles qu’on peut lire sur d’autres sites web, d’autant plus que je me suis déjà beaucoup exprimé sur ce sujet. Je veux quand même apporter mon soutien au producteur injustement remercié, dont la grande érudition, les choix musicaux et le ton un peu précieux rappelaient le temps où un Bernard Gavoty s’exprimait à la radio; c’est ce que ne peut sans doute pas supporter le nouveau directeur qui veut “faire de l’audience”. A l’instar d’un Renaud Machart d’ailleurs né la même année que lui, il a beaucoup pratiqué le chant lyrique. Comme ce dernier, il aurait dû se faire critique musical ; il n’aurait provoqué que des dégâts moraux. Malheureusement ce diplômé du droit des affaires, qui fut aussi attaché parlementaire, la belle affaire, se trouve aujourd’hui à un poste stratégique lui permettant du passé faire table rase. Il pense sans doute que la chaîne qu’il dirige maintenant sera bientôt au « top » de l’audimat de la médiacratie musicale. L’avenir le dira, au prochain remaniement de la direction…

L’arbitraire de cette décision n’est cependant pas comparable à celui des théocrates de l’Orient proche ou plus lointain, en place ou aspirant au pouvoir par la violence et l’assassinat, qui lancent périodiquement des anathèmes sur la musique instrumentale parce qu’ils voient en elle la cause de la dissolution des mœurs…On n’ose imaginer quelle fut l’éducation de ces arriérés sociaux. Aucune musique semble n’avoir adouci leurs mœurs d’hommes frustes. On ne peut pas parler de régression mentale mais de non-évolution, état que l’isolement volontaire ou géographique des sociétés qui produisent ces obscurantistes favorise, donnant à quelques puissants la possibilité d’empêcher la moindre tentative de changement du mode de vie d’une majorité des populations sous leur férule. Le QI de ces forcenés barbus est certainement inférieur à celui des hommes de la préhistoire qui manifestaient déjà leur intérêt pour les arts plastiques et la musique. Dieu merci, ces sombres personnages sont une minorité sur terre mais les malheureux qu’ils terrorisent sont nombreux. On souhaite à ces derniers toute la patience et le courage nécessaires pour endurer une situation qui aura nécessairement une fin. C’est la loi naturelle de l’évolution de toutes les sociétés.

En virée autour de Saint –Jean du Gard (1957).

En virée en Opel (modèle P4 de 1932) autour de Saint –Jean du Gard (1957).

La musique, je l’ai toujours aimée et si mes conditions sociales d’origine ne m’ont pas permis autrefois d’en faire sérieusement ou d’assister souvent à des concerts, quel que soit le genre de musique interprété, je garde le souvenir de moments musicaux marquants ; vers la fin des années cinquante par exemple, quand une bande de copains venus d’Alsace en vacances à Saint-Jean du Gard à bord du “Morpionibus”, une Opel (modèle P4 de 1932) increvable mais qui nécessita un jour un remplacement d’un ressort de suspension, travail collectif effectué dans la cour de l’A.J. avec l’accord  bienveillant d’André BonniolAndré Bonniol, le père aub’.  Tous ces jeunes gens pleins de vie et d’espoirs ont animé les soirées du Sport bar (”café de la Gare” aujourd’hui). Alain (Saxo ténor), Christian Veraquin (batterie),  Michel Dieudonné (guitare) et, ponctuellement, Gaby Razafitrimo (accordéon)  étaient tous des amateurs mais les auditeurs vibraient aux standards du jazz donnés par la Coopag (Coopérative agricole !).

Alain Meylaender (1958)

Alain Meylaender (1958)

Les échos de ces soirées endiablées ne restent plus que dans les mémoires de ceux qui sont encore là pour les évoquer mais il est rassurant de voir que la relève a toujours été assurée. Les jeunes groupes qui ne cessent d’éclore démontrent bien qu’une société sans musique n’existe pas et quand dans un de ces groupes s’exprime une interprète issue de l’environnement familial proche, on se sent d’autant plus concerné.

Michel Dieudonné et Gaby Rrazafitrimo -  St-Jean du Gard (1957)

Michel Dieudonné et Gaby Razafitrimo - St-Jean du Gard (1957)

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