18 mai 2011

Sur les pas de la femme du boulanger

Si la justice américaine prouve que les accusations portées contre Dominique Strauss-Kahn par la femme de chambre de l’hôtel Sofitel de New York sont avérées, celui-ci sera dans de sales draps. Il devait pourtant disposer de beaux draps, pour le moins de soie, dans la suite qu’il occupait quand on sait le prix d’un séjour dans ce type d’appartement. Bien de ses ex-futurs électeurs pour la présidentielle, actifs ou retraités, aimeraient toucher par mois la moitié des 3000 dollars dépensés pour une seule nuit dans cet établissement…Je ne m’en tiendrai qu’à cet aspect de la vie privée du candidat non déclaré mais qui n’aura sans doute plus le loisir de le faire car j’attends de voir comment il va organiser sa défense, en espérant encore qu’il ne va pas aggraver son cas. Je ne suis pas fâché de voir que le PS est maintenant obligé de trouver un autre héraut pour défendre ses couleurs car je n’avais pas beaucoup de sympathie pour un homme certainement compétent à la tête du FMI mais que son évidente absence de vision de la réalité quotidienne de ses concitoyens m’empêchait de voir en lui le futur président de tous les Français. Le « bling bling », comme les œillères pour les chevaux, empêche de voir sur les côtés, quel que soit le bord politique de celui qui l’affiche…

Nous avons modestement dépensé 90 euros par nuit (copieux petit-déjeuner compris !) dans la sympathique chambre d’hôte que nous avons occupée récemment sur la Côte d’Azur pendant deux jours. Elle était au rez-de-chaussée d’une ancienne ferme très bien aménagée nichée dans la campagne magnifique qui entoure la Cadière d’Azur.

Paysage autour de La Cadiere d'Azur

Paysage autour de La Cadiere d'Azur

Le but était de rencontrer des amis canadiens que nous voyons périodiquement et qui passaient eux-mêmes une quinzaine de jours en famille dans une autre belle maison voisine de la nôtre mais bien  loin des neiges qui recouvraient encore leur jardin québécois la veille de leur départ. Ce fut aussi l’occasion de revoir Le Castellet, ce village haut perché que nous avions découvert lors d’un séjour dans le hameau du Brûlat il y a une quarantaine d’années. Il n’était pas encore « restauré » et aménagé, mal,  comme il l’a été depuis et n’avait pas encore la célébrité surfaite qu’il connait aujourd’hui parce qu’en 1938 Marcel Pagnol y a tourné « La femme du boulanger ».

Le Castellet - trompe l'oeil

Le Castellet - trompe l'oeil

Cette célébrité semble être entretenue comme une rente de situation et, à la vue des dédales de parkings (obligatoires et payants !) aménagés à flanc de colline, on imagine que l’on va se trouver dans un joyau de bourg médiéval tel qu’on en voit dans diverses régions de France. La déception est grande quand on parcourt les rues d’un village qui, à part quelques belles maisons, n’a d’authentique que l’uniformité des produits qui s’y vendent et que l’on trouve partout où il y a des touristes ; les mêmes sont proposés à Uzès, à Cordes sur Ciel et en bien d’autres lieux de transhumance estivale : bougies parfumées, maroquinerie, poteries etc, ce qui donne cette désagréable impression de déjà vu que j’appelle la « Mont-saint-michelisation », phénomène qui n’épargne pas certains quartiers de Paris… Les étalages envahissent les rues de la partie  haute du village où l’on voit par ailleurs des murets pavés qui, à mon avis, ne sont pas du meilleur goût… Heureusement, la cour du château, vaste bâtiment restauré avec sobriété et qui abrite notamment les services de la mairie, est vide de voitures et le paysage que l’on peut observer depuis les belvédères reste de toute beauté malgré l’autoroute qui est venu couper ces terres de vignes et d’oliviers varois, paysage qui demeure relativement peu mité si on le compare avec ceux des Alpes maritimes.

La Cadière d'Azur - Place Jean Jaurès

La Cadière d'Azur - Place Jean Jaurès

La Cadière d’Azur, sœur presque jumelle du Castellet a connu un développement continu ; c’est-à-dire qu’au fil des temps des maisons, certaines sont magnifiques,  ont été bâties à flanc de colline, au-delà de l’ancienne enceinte fortifiée. Les commerces traditionnels ont continué leur activité et la vie semble donc s’y être poursuivie normalement ; les touristes viennent mais pas comme sur un lieu de pèlerinage. On peut regretter qu’il n’en soit pas de même dans le village de la femme du boulanger.

Porte ancienne à la Cadière d'azur

Porte ancienne à la Cadière d'azur

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